Etats-Unis : un sous-traitant de la NSA accusé d'avoir volé des données "top secrètes"

L'affaire est embarrassante pour la NSA, qui pour la deuxième fois en trois ans voit l'un de ses sous-traitants dérober des informations ultra-secrètes.

Le siège de l\'agence de renseignement américaine, la NSA, à  Fort Meade (Maryland), le 13 mars 2015. 
Le siège de l'agence de renseignement américaine, la NSA, à  Fort Meade (Maryland), le 13 mars 2015.  (CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
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Une nouvelle affaire Snowden ? Le ministère de la Justice américain a annoncé, mercredi 5 octobre, l'arrestation d'un homme soupçonné d'avoir volé des données classées "top secret" alors qu'il travaillait pour une agence fédérale, identifiée comme la NSA par le New York Times.

L'homme arrêté, Harold Thomas Martin III, travaillait comme sous-traitant à l'agence de renseignement américaine, spécialisée dans l'espionnage des communications mondiales. Il était employé par Booz Allen Hamilton, un grand groupe privé américain qui fournit de nombreux sous-traitants aux agences du renseignement américaines. "Lorsque nous avons appris l'arrestation de notre employé, nous avons immédiatement joint les autorités fédérales pour proposer notre totale coopération, et nous avons licencié" le sous-traitant, a confirmé mercredi dans un communiqué Craig Veith, vice-président de Booz Allen Hamilton.

Des codes pour pirater des réseaux de gouvernements étrangers

L'affaire est embarrassante pour la NSA, qui pour la deuxième fois en trois ans voit l'un de ses sous-traitants dérober des informations ultra-secrètes. Edward Snowden, l'homme qui a révélé au grand public l'ampleur des programmes de surveillance de la NSA, était en effet également un sous-traitant de Booz Allen Hamilton.

Selon le New York Times, Harold Thomas Martin III est soupçonné d'avoir volé des codes informatiques ultra-secrets utilisés par la NSA pour "s'introduire dans les systèmes informatiques d'adversaires comme la Russie, la Chine, l'Iran et la Corée du Nord".

"Nous avons du mal à le cerner"

Il est possible qu'Harold Thomas Martin III ait agi avant les révélations d'Edward Snowden à la mi-2013, selon le New York Times. Ses motivations ne sont pas encore établies: volonté de faire un geste à dimension politique, tentative d'espionnage au profit d'un acteur extérieur, ou autre. "Nous avons du mal à le cerner", explique l'une des sources du quotidien.

Selon un communiqué des avocats du suspect, cité par le quotidien, "il n'y a pas de preuves qu'il ait tenté de trahir son pays".

Harold Thomas Martin III est poursuivi pour l'instant pour détention de matériels secrets et vol au détriment du gouvernement, indique le ministère de la Justice américain. Il encourt respectivement un an et dix ans de prison pour ces faits, selon la même source.