Le Français Yoann Barbereau, en fuite après une condamnation en Russie, est rentré en France

L'ancien directeur de l'Alliance française d'Irkoutsk, en Sibérie, a été condamné par contumace à 15 ans de camp par la justice russe pour des actes à caractère sexuel sur sa propre fille. Il a toujours clamé son innocence et affirme avoir été piégé.

Yoann Barbereau, ancien directeur de l\'Alliance française d\'Irkoutsk, en Sibérie, sur une photo fournie par sa famille et prise le 31 décembre 2012.
Yoann Barbereau, ancien directeur de l'Alliance française d'Irkoutsk, en Sibérie, sur une photo fournie par sa famille et prise le 31 décembre 2012. (AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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"Yoann Barbereau a enfin recouvré la liberté. Par ses propres moyens, il a réussi à quitter la Russie et a posé le pied aujourd'hui sur le sol français." Le comité de soutien de ce Français, condamné en Russie pour des faits qu'il a toujours nié, a annoncé son retour en France, mercredi 8 novembre, à l'issue d'une cavale de plus d'un an. Thierry Guidet, président de son comité de soutien, l'a également déclaré dans une interview à France 3 Pays de la Loire.

En février 2015, l'ancien directeur de l'Alliance française d'Irkoutsk, en Sibérie, avait été arrêté pour des actes sexuels pratiqués sur sa propre fille Héloïse alors âgée de 5 ans. Des faits qu'il a toujours niés, affirmant avoir été piégé. Emprisonné pendant 71 jours, puis assigné à résidence avec un bracelet électronique, l'homme avait pris la fuite, en septembre 2016. Depuis, il "vivait caché en Russie", selon le communiqué. La justice russe, elle, l'a condamné par contumace à 15 ans de camp à régime sévère, en décembre 2016.

"Otage" de la Russie

L'émission "Envoyé spécial" consacre jeudi 9 novembre, sur France 2, un sujet à ce type de piège, appelé "kompromat", une technique de manipulation largement pratiquée par les autorités russes. Des photos ou des vidéos personnelles – à caractère sexuel le plus souvent – sont volées et truquées pour devenir compromettantes. Pour la première fois, Yoann Barbereau s'y exprime publiquement. Il y déclare notamment qu'il se considère comme "un otage" en Russie.

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Envoyé spécial

Son comité de soutien rappelle que Yoann Barbereau "a déposé une requête devant la Cour européenne des droits de l'homme. Il y dénonce les nombreuses violations du droit dont l'enquête et le procès [en Russie] ont été émaillés." Yoann Barbereau, qui doit regagner Nantes, où vit sa famille, est toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt international, émis par Moscou.