Russie : ce que l'on sait d'Akbarjon Djalilov, l'auteur présumé de l'attentat du métro de Saint-Pétersbourg

Originaire du Khirgizstan, ce kamikaze est aussi, selon les enquêteurs, celui qui a posé la seconde bombe, désamorcée à temps, dans une autre station de métro de la ville.

Une policière et son chien, le 4 avril 2017, dans la station du métro de Saint-Pétersbourg (Russie) où un attentat s\'est produit la veille.
Une policière et son chien, le 4 avril 2017, dans la station du métro de Saint-Pétersbourg (Russie) où un attentat s'est produit la veille. (GRIGORY DUKOR / REUTERS)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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L'auteur présumé de l'attentat du métro de Saint-Pétersbourg a été identifié. Les enquêteurs russes ont annoncé, mardi 4 avril, qu'il s'agissait d'Akbarjon Djalilov, 22 ans, né au Kirghizistan. C'est lui qui se serait fait exploser, lundi, tuant 14 personnes et en blessant 49 autres. Il a également déposé une seconde bombe, retrouvée dans une autre station du métro de la ville, qui a été désamorcée. Franceinfo résume ce que l'on sait de ce terroriste.

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Quel est son parcours ?

Mardi matin, les services secrets du Kirghizstan (GKNB) avaient déjà révélé l'identité du terroriste, précise l'AFP. Selon le GKNB, Akbarjon Djalilov est né en 1995 dans la région d'Och, au Kirghizistan, une ancienne république soviétique nichée entre le Kazakhstan et la Chine, en Asie centrale. "Il est probable qu'il a acquis la nationalité russe", affirme le porte-parole du GKNB, qui assure travailler en "étroite" collaboration avec les services russes.

Quelles sont ses motivations ?

Sans attendre une éventuelle revendication, la presse russe a interprété, mardi, l'attentat de Saint-Pétersbourg comme un acte de représailles de l'organisation Etat islamique (EI). Le groupe jihadiste avait appelé à frapper la Russie pour son intervention militaire en soutien aux forces de Bachar Al-Assad en Syrie, lancée à la fin septembre 2015. Environ 600 combattants originaires du Kirghizstan, pays majoritairement musulman et sunnite, ont rejoint les groupes jihadistes en Irak et en Syrie, principalement au sein de l'EI. Ils sont notamment originaires de la région d'Och, d'où venait Akbarjon Djalilov.

Le porte-parole du Kremlin s'est montré plus prudent et n'a pas évoqué de piste sur les motivations du terroriste présumé. Il a toutefois qualifié cette attaque de "défi lancé à tous les Russes, y compris au chef de l'Etat, y compris à notre président", Vladimir Poutine. L'enquête a été ouverte pour "acte terroriste".

Comment a-t-il commis l'attentat ?

L'auteur de l'attentat était un kamikaze, ont expliqué les enquêteurs mardi. Selon eux, la bombe artisanale, qui a explosé dans la rame de métro, "a pu être actionnée par un homme dont des restes ont été retrouvés dans le troisième wagon", plus tard identifiés comme appartenant à Akbarjon Djalilov.

Les enquêteurs n'ont pas précisé s'il a pu être aidé par des complices. Mais ils ont établi que c'est lui qui a déposé une seconde bombe dans une autre station du centre-ville, place Vosstania. Celle-ci a été "découverte et désamorcée à temps". C'est en retrouvant des traces d'ADN d'Akbarjon Djalilov sur le sac contenant cette seconde bombe que les enquêteurs ont pu l'identifier. Ces analyses et l'étude des images de vidéosurveillance "donnent des raisons de supposer" que c'est le même homme qui s'est ensuite fait exploser.