Terrorisme : un Anglais de 10 ans interrogé par la police pour une faute d'orthographe

Durant un cours d'anglais, le petit garçon a écrit "je vis dans une maison terroriste" alors qu'il voulait dire "je vis dans une maison mitoyenne".

Un écolier anglais âgé de 10 ans a été interrogé par la police pour avoir écrit "je vis dans une maison terroriste" le 7 décembre 2015 dans le Lancashire, dans le nord-est de l'Angleterre.
Un écolier anglais âgé de 10 ans a été interrogé par la police pour avoir écrit "je vis dans une maison terroriste" le 7 décembre 2015 dans le Lancashire, dans le nord-est de l'Angleterre. (DAVIDF / E+ / GETTY IMAGES)

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Un petit garçon de 10 ans a été soumis à un interrogatoire policier pour avoir mal orthographié un mot durant un cours d'anglais, selon la BBC, qui rapporte cette mésaventure mercredi 20 janvier. Le 7 décembre dernier, l'enfant, musulman, a fait cette erreur durant un cours d'anglais dans son école primaire du Lancashire, dans le nord-est de l'Angleterre : il a écrit "je vis dans une maison terroriste" ("I live in a terrorist house" en anglais) quand il voulait écrire "je vis dans une maison mitoyenne" ("I live in a terraced house").

Le lendemain, alertée par l'école, la police est venue l'interroger chez lui et examiner l'ordinateur familial. La famille du petit garçon a déclaré à la BBC que l'incident l'avait traumatisé et qu'il n'osait plus écrire depuis. "J'ai d'abord cru à une blague, a déclaré sa cousine, dont l'identité n'a pas été divulguée pour protéger l'enfant. Si l'enseignant avait une inquiétude à se faire, c'est au sujet de son orthographe."

Plusieurs dizaines de cas similaires au Royaume-Uni

Depuis le mois de juillet, les enseignants britanniques sont tenus de déclarer toute attitude extrémiste, dans le cadre de la législation antiterroriste. Miqdaad Versi, le secrétaire général adjoint du Conseil des musulmans du Royaume-Uni (MCB), affirme que plusieurs dizaines de cas similaires lui ont été rapportés et se dit "très inquiet" des dérives de la loi.

En septembre, un adolescent de 14 ans avait été longuement interrogé par les services de protection de l'enfance sur ses liens éventuels avec le groupe État islamique (EI) pour avoir employé le terme "écoterroristes" en classe. Le garçon, scolarisé dans un établissement londonien, avait utilisé ce terme, en français, lors d'un cours de français où il était question d'écologie et de l'usage de la violence pour défendre la cause verte.