"Au pair ne signifie pas esclave" : des jeunes filles au pair réunies à Londres pour rendre hommage à Sophie Lionnet

Des jeunes filles au pair se sont rassemblées à Londres, dimanche, pour rendre hommage à Sophie Lionnet, jeune fille au pair française de 21 ans dont le corps a été retrouvée, fin septembre, calciné dans le jardin de sa famille d'accueil.

Des jeunes filles au pair et des membres de la famille de Sophie Lionnet manifestent, le 8 octobre 2017 à Londres, après son meurtre
Des jeunes filles au pair et des membres de la famille de Sophie Lionnet manifestent, le 8 octobre 2017 à Londres, après son meurtre (NIKLAS HALLE'N / AFP)
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Marina DarasfranceinfoRadio France

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Une dizaine de jeunes filles au pair se sont rassemblées à Wimbledon Park, un quartier du sud-ouest de Londres, dimanche 8 octobre. Pancartes à la main et fleurs blanches dans les bras, elles ont exprimé leur tristesse et leurs inquiétudes après le meurtre de Sophie Lionnet. Cette fille au pair française, âgée de 21 ans, avait été retrouvée calcinée dans le jardin de la famille pour laquelle elle travaillait.

Dénoncer les abus dont elles sont victimes

Armées de pancarte "Au pair ne signifie pas esclave", ce rassemblement est aussi un moyen pour ces jeunes filles au pair de dénoncer les abus dont elles sont parfois victimes. "L’idée est de se rassembler pour dénoncer l’encadrement juridique très fragile", explique Victoria, elle-même fille au pair à Londres.

L'organisatrice de la manifestation poursuit en expliquant que "le contrat qui peut être mis en place entre la jeune fille au pair et la famille n'a pas de valeur juridique. Si elle veut qu'on parte du jour au lendemain, on part du jour au lendemain. Si elle veut ne pas nous payer, elle ne nous paye pas".

Mélanie, la cousine de Sophie Lionnet, a fait le déplacement depuis Épernay, dans la Marne. Elle est venue pour assister au rassemblement jusque devant la maison où sa cousine vivait depuis près de deux ans : "Ça fait plaisir de voir qu'il y a du monde, et on veut que ça n'arrive plus jamais. Toutes les filles au pair sont concernées."

Même si le mobile de l’homicide n'est pas connu, plusieurs témoignages laissent à penser que Sophie Lionnet était maltraitée par sa famille d’accueil. Un scénario qui n’est pas si rare d’après Lucia, une jeune portugaise au pair depuis plus d’un an. "On entend des histoires similaires tout le temps. On a de la chance avec nos familles actuelles, mais mon amie et moi nous ne voulons plus être au pair. C'est trop de risques. On a eu de la chance la première fois, on ne recommencera pas", raconte-t-elle à franceinfo.

Les employeurs présumés de Sophie Lionnet, deux Français, ont été arrêtés et inculpés le 22 septembre pour meurtre. Sabrina Kouider, 34 ans, et Ouissem Medouni, 40 ans, ont comparu la semaine dernière devant le tribunal de l'Old Bailey à Londres. Ce dernier a décidé de les maintenir en détention en attendant une audience de plaider coupable le 12 décembre. Leur procès est prévu le 19 mars 2018.

Des jeunes filles au pair manifestent à Londres - un reportage de Marina Daras
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