"Une réaction de force". C'est la formule choisie par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, pour menacer la Syrie, s'il est prouvé que le régime de Bachar Al-Assad a bien fait usage d'armes chimiques contre la population, mercredi 21 août. L'opposition syrienne a affirmé que le régime avait tué 1 300 personnes dans une attaque chimique près de Damas. La Syrie a démenti, tandis que son allié russe évoquait une "provocation".

Répondant aux questions de BFMTV, Laurent Fabius s'est refusé jeudi à formuler plus précisément ses menaces si l'utilisation d'armes chimiques est prouvée. Mais il a exclu tout envoi de troupes au sol, une réaction "impossible", dit-il. Il estime qu'il reste tout de même "des possibilités de répliquer". Le 4 juin, le ministre des Affaires étrangères avait déjà évoqué, après la confirmation d'un recours par Damas à des armes chimiques, la possibilité d'agir de "façon armée" là où sont produites ces armes.

"La main dans le sac" ?

"Si le Conseil de sécurité de l'ONU ne peut pas prendre de décision, à ce moment-là elles doivent être prises d'une autre façon." Souhaite-t-il des frappes américaines ou une zone d'exclusion aérienne ? "Je n'irai pas plus loin", a-t-il déclaré.

Mercredi soir, le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni en urgence, s'est borné à demander à ce que soit faite "la lumière" sur l'attaque. Mais sans adopter de déclaration formelle en raison, selon des diplomates, de l'opposition de la Russie et la Chine, alliées de Bachar Al-Assad. Pour Laurent Fabius, "il faut que très rapidement, les enquêteurs [de l'ONU] puissent aller sur place" pour en savoir plus sur les bombardements. Et "si les Syriens ne veulent pas, ça veut dire qu'ils sont pris la main dans le sac".

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le 21 août 2013, à Bruxelles.
Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le 21 août 2013, à Bruxelles. (GEORGES GOBET / AFP)