SYRIE - Des combats d'une ampleur sans précédent ont secoué Alep vendredi 28 septembre. Alors que les forces du régime et les rebelles se disputent depuis plus de deux mois le contrôle d'Alep, la grande métropole du Nord, les combats y ont fait rage pendant près de 24 heures avant de perdre en intensité vendredi après-midi, selon des habitants et des journalistes de l'AFP. Les échanges de tirs aux obus de mortier et de chars, avaient éclaté après l'annonce jeudi par des commandants rebelles du lancement d'une bataille qualifiée de décisive pour le contrôle de la ville. Mais ce  vendredi soir, les accrochages étaient ponctuels et avaient lieu dans des secteurs limités, en particulier dans la vieille ville, selon un correspondant de l'AFP. Une source militaire syrienne a déclaré que plusieurs attaques rebelles avaient été repoussées, tandis que les rebelles ont affirmé avoir progressé mais sans faire de percée significative. Des combats qui auraient fait au moins 117 morts. Dans le quartier de Salaheddine (sud-ouest), "nous avons pris une des bases de l'armée régulière", a rapporté Abou Fourat, un dirigeant de la brigade al-Tawhid, la plus importante unité rebelle d'Alep. Mais les combattants ont dû ensuite se replier, faute de munitions. Selon d'autres commandants rebelles, leurs troupes ont aussi avancé sur les quartiers d'as-Soukkari et Izaa. Le nouvel objectif des rebelles est la mosquée des Omeyyades d'Alep, sur la ligne de front au coeur de la vieille ville, où des combats se sont poursuivis.

Dans le même temps, les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle aide humanitaire et à l'opposition civile en Syrie. Face à la gravité des crimes de guerre et contre l'humanité recensés dans ce conflit en vue de futures poursuites, la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a accueilli en son sein la magistrate Carla Del Ponte, qui s'est déjà illustrée dans la traque de criminels de guerre au Rwanda et en ex-Yougoslavie. Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a signalé que le gouvernement syrien avait déplacé des armes chimiques pour les sécuriser face aux assauts des rebelles. "Nous pensons encore, sur la base de ce que savons, que les principaux sites restent sécurisés", a-t-il ajouté.

Rebelles syriens dans les rues d'Alep (Syrie), le 28 septembre 2012.
Rebelles syriens dans les rues d'Alep (Syrie), le 28 septembre 2012. (MIGUEL MEDINA / AFP)