Trois questions sur l'accord sur la "cessation des hostilités" en Syrie

L'accord, conclu notamment par les Etats-Unis et la Russie, doit permettre d'acheminer une aide humanitaire aux civils syriens.

Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergeï Lavrov, et le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, lors d'une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 12 février 2016.
Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergeï Lavrov, et le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, lors d'une conférence de presse à Munich (Allemagne), le 12 février 2016. (CHRISTOF STACHE / AFP)
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Ils attendent désormais "des effets sur le terrain". Les grandes puissances internationales, dont la Russie et les Etats-Unis, sont tombées d'accord, vendredi 12 février, sur une "cessation des hostilités" en Syrie d'ici une semaine, afin d'acheminer une aide humanitaire aux civils. Qu'est-ce que cela signifie exactement ? Voici les principales questions qui se posent après cette annonce.

Que prévoit cet accord ?

L'accord prévoit une "cessation des hostilités" dans un délai d'une semaine afin de relancer le processus de paix et de stopper l'exode de civils. Le texte (en anglais) évoque notamment un accès accru et "immédiat" de l'aide humanitaire aux civils en détresse.

De la nourriture va notamment être acheminée dans plusieurs zones assiégées, la plupart aux mains du régime de Damas, d'autres contrôlées par les rebelles, note le New York Times (en anglais) : le communiqué cite précisément Deir ez-Zor, Madaya, Foua, Kafraya, Mouadhimiyeh et Kafr Batna.

Les négociations intersyriennes, suspendues début février en raison d'une offensive du régime sur les rebelles, appuyée par l'aviation russe, doivent par ailleurs "reprendre dès que possible", explique le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Elles doivent avoir lieu "sans ultimatums et préconditions", souligne Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères.

Est-ce que cela veut dire que les combats s'arrêtent ?

Non. Dans un premier temps, John Kerry et Sergueï Lavrov ont employé de manière interchangeable les expressions "cessation des hostilités" et "cessez-le-feu", remarque le New York Times. Mais le secrétaire d'Etat américain a fini par reconnaître qu'il ne s'agissait pour l'instant que d'une "pause", alors qu'un "cessez-le-feu" se veut plus permanent.

Quoi qu'il arrive, l'arrêt des hostilités ne concerne pas "les groupes terroristes [Etat islamique] et Al-Nosra [affilié à Al-Qaïda]", précisent les deux chefs des diplomaties américaine et russe. Les combats contre ces groupes vont donc se poursuivre.

Par ailleurs, des diplomates occidentaux, cités par le Guardian (en anglais), confirment que la Russie n'a pas donné son accord pour mettre fin à ses frappes aériennes. Les détails de cette "cessation des hostilités" doivent être déterminés par un groupe de travail mené par Moscou et Washington.

L'accord peut-il vraiment être respecté ?

C'est toute la question. L'accord est l'œuvre du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG), qui rassemble plusieurs pays dont la Russie, les Etats-Unis, la France, l'Arabie saoudite ou le Royaume-Uni et des organisations internationales parmi lesquelles les Nations unies et la Ligue arabe.

Impossible de dire si les signataires pourront persuader les forces à l'œuvre en Syrie, à savoir le régime de Bachar Al-Assad et les groupes rebelles qui le combattent, de respecter les termes de l'accord, note le Washington Post (en anglais).

"La vraie question, c'est de savoir si le régime autorisera l'accès aux zones assiégées, explique un diplomate au Guardian. Cela reste entre les mains du régime, pas entre celles de Moscou."