Vingt-et-un observateurs de l'ONU ont été capturés par des combattants syriens armés, mercredi 6 mars, a annoncé un porte-parole des Nations unies. Les faits se sont déroulés sur le plateau du Golan, région du sud-ouest de la Syrie annexée par Israël. Selon l'ONU, les combattants étaient environ une trentaine. Francetv info détaille les circonstances de cet enlèvement.

Qui sont les observateurs ? 

Les 21 observateurs capturés appartiennent à la Force des Nations unies chargée de l'observation du désengagement sur le Golan (Fnuod). Celle-ci, déployée en 1974 à la suite de l'occupation de la zone par Israël, est chargée de surveiller le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie sur ce territoire. Selon un porte-parole des Nations unies, ils menaient une "mission ordinaire d'approvisionnement" et ont été capturés "près du poste d'observation 58" .

Les observateurs sont tous de nationalité philippine. "Pour l'instant, rien n'indique qu'ils soient en danger", a estimé le président des Philippines. Son ministre des Affaires étrangères a réclamé leur libération sans délai.

Qui sont leurs ravisseurs ?  

Les ravisseurs sont des rebelles syriens, qui se réclament de la brigade des Martyrs de Yarmouk. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui a pu joindre leur porte-parole, ces derniers s'engagent à bien traiter leurs otages. "Il a dit qu'il ne leur serait fait aucun mal", a indiqué l'OSDH.

Dans une vidéo postée sur le compte YouTube de l'OSDH, les rebelles ont détaillé leurs motivations. Sur les images, un jeune homme, entouré de combattants armés, parle devant deux véhicules blindés portant le sigle de l'ONU.

Le site participatif Les Observateurs de la chaîne France 24 a traduit ces déclarations. Le jeune homme accuse les Nations unies d'aider "le régime à pénétrer dans le village de Jamla". Selon lui, les observateurs "prétendent être là pour surveiller le désengagement, mais ils mentent. (...) Ils veulent faire dégager l'Armée syrienne libre du village parce que ce sont des partisans d'Israël". Il indique aussi que "si aucun retrait [des troupes de Bachar Al-Assad] n'est opéré d'ici 24 heures, nous les traiterons comme des prisonniers".

Comment les Nations unies ont-elles réagi ? 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a "condamné fermement" cette capture, confirmant que les observateurs étaient aux mains de "membres armés de l'opposition syrienne". Il a également "exigé leur libération immédiate et sans condition". Enfin, le Conseil "demande à toutes les parties de coopérer" avec la Fnuod, afin d'assurer la "totale sécurité" de son personnel.