Des membres de l'Armée syrienne libre chantent le poing levé, pendant l'entraînement au combat, à Sarmada (Syrie), le 9 juillet 2012.
Des membres de l'Armée syrienne libre chantent le poing levé, pendant l'entraînement au combat, à Sarmada (Syrie), le 9 juillet 2012. (ABDO / REUTERS)

C'est Kofi Annan lui-même qui a demandé au Conseil de sécurité d'accentuer la pression sur Damas après 16 mois de crise. Européens et Américains ont déposé à l'ONU un nouveau projet de résolution menaçant la Syrie de sanctions, mercredi 11 juillet. Les Occidentaux donnent dix jours au régime syrien pour cesser d'utiliser ses armes lourdes dans les villes rebelles du pays, sous peine de sanctions.

Le projet stipule que si les autorités syriennes n'ont pas obéi "dans les dix jours" suivant l'adoption du texte, le Conseil de sécurité "imposera immédiatement les mesures prévues par l'article 41 de la charte de l'ONU". Cet article prévoit des sanctions diplomatiques et économiques.

Un peu avant le dépôt du texte, des diplomates évoquaient déjà une "menace claire de sanctions", comme l'expliquait l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant, tandis que l'ambassadrice américaine Susan Rice avertissait qu'il devait y avoir des "conséquences claires en cas de non respect" du plan.

Une résolution russe jugée insuffisante

Les diplomates avaient précisé qu'il s'agissait de faire pression sur les deux parties en conflit, pouvoir et opposition, mais en priorité sur le gouvernement syrien. Les Occidentaux jugeaient en effet insuffisant un projet de résolution soumis mardi par la Russie à ses 14 partenaires du Conseil. Ce texte prolonge de trois mois le mandat de la Mission de l'ONU en Syrie (Misnus) mais n'évoque pas la menace de sanctions. 

Mais le serpent risque de se mordre encore la queue. Une résolution plus ferme pourrait se voir opposer les vétos russes et chinois. Il reste difficile de prévoir la réaction de Moscou, qui a semblé récemment lâcher le clan Assad, tout en continuant à livrer à Damas des armes défensives.