Syrie : réunion en urgence après des soupçons de violation du cessez-le-feu

Jean-Marc Ayrault a demandé une réunion d'urgence de la "task force" chargée de surveiller l'application de cette trève, entrée en application dans la nuit de vendredi à samedi.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, lors de la session annuelle du conseil des droits de l'homme de l'ONU, lundi 29 février 2016 à Genève (Suisse).
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, lors de la session annuelle du conseil des droits de l'homme de l'ONU, lundi 29 février 2016 à Genève (Suisse). (FABRICE COFFRINI / AFP)

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La trêve a-t-elle été violée en Syrie ? Oui, selon la France, qui réclame "sans délai", une réunion de la task force chargée de l'application du cessez-le-feu. "Nous avons reçu des indications selon lesquelles les attaques y compris aériennes se poursuivent contre des zones contrôlées par l'opposition modérée", indique le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, lundi 29 février. La réunion est prévue à 15 heures (heure française).

"Tout ceci doit naturellement être vérifié", ajoute le ministre de la Défense, sans préciser davantage la nature des éventuelles attaques et leurs auteurs. Mais d'après Reuters, la France attend des explications de la part des Russes. En effet, selon des rebelles et l'Observatoire syrien des droits de l'homme, des frappes aériennes ont été menées dimanche contre six villes et villages – à l'ouest et au nord d'Alep – et un village de la province d'Hama – dans le centre du pays.

Une trêve globalement respectée

Cette trêve est la première du genre, depuis le début du conflit en 2011. Négociée par la Russie et les Etats-Unis, elle est entrée en vigueur dans la nuit de vendredi à samedi. Elle a été globalement respectée jusqu'ici, malgré des accusations mutuelles de violations. La France "souhaite ardemment la fin des hostilités, ajoute Jean-Marc Ayrault, mais elle sera vigilante sur son application concrète".

Son principe a été accepté par le gouvernement du président Bachar Al-Assad, par une centaine de groupes rebelles et par les combattants kurdes. Mais il ne s'applique pas aux groupes jihadistes – comme l'organisation Etat islamique et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. Ils peuvent donc être frappés par les forces de Damas, l'aviation russe et la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.