Les Occidentaux et la Russie ont une nouvelle fois étalé leurs divergences sur la crise en Syrie, mercredi 13 juin, alors que les forces du régime tentent de reprendre les bastions rebelles au moyen d'intenses bombardements comme à Haffé.

• La diplomatie française hausse le ton

La France veut relancer les efforts pour obtenir du Conseil de sécurité de l'ONU une résolution contraignante obligeant le régime syrien à cesser les violences et la répression contre son peuple comme le prévoit le plan de l'émissaire international Kofi Annan resté lettre morte. Paris suggère le "recours au chapitre 7", qui ouvre la porte à des sanctions et même à l'usage de la force. 

Après le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, la veille, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé que la Syrie se trouve en situation de "guerre civile". Une première. Des enfants sont utilisés comme "boucliers humains", "torturés", "assassinés", "violés" par un "régime de massacreurs" qui "ne mérite pas de continuer à vivre", a dénoncé le ministre.

( REUTERS)

• Les villes insurgées pilonnées

Le régime de Bachar Al-Assad comme un groupe de l'opposition ont réfuté cette description. Pourtant les combats ont fait 50 morts mercredi, 40 civils et dix soldats, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les forces du régime ont accentué leurs attaques contre plusieurs localités où sont retranchés les rebelles, en les soumettant à des bombardements à l'artillerie lourde, avant de lancer des assauts.

Après huit jours de bombardements sans répit, l'armée a pris le contrôle de Haffé à Lattaquié (nord-ouest). Selon un militant, après le retrait des rebelles, les chabbiha, les miliciens pro-régime, "ont pillé" cette localité proche de Qardaha, ville natale du président Assad.

Toujours dans la province de Lattaquié, mais aussi dans celle de Deraa (sud), des localités ont été la cible de bombardements militaires, a précisé l'OSDH. A Deir Ezzor (est), l'armée, appuyée par des hélicoptères, continue de pilonner à l'artillerie lourde des quartiers tenus par les rebelles, et des unités s'affrontaient aux insurgés dans d'autres, a ajouté l'OSDH. Plusieurs secteurs de Homs (centre) ont aussi été la cible d'obus et le théâtre de violents combats entre soldats et insurgés. 

• Passe d'armes entre les Etats-Unis et la Russie 

Dans ce contexte, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, réitérant l'appel lancé la veille, a appelé Moscou, allié du pouvoir syrien, à cesser de livrer des armes à Damas, pointant notamment "l'envoi d'hélicoptères d'attaque". Et comme la Maison Blanche quelques minutes auparavant, la chef de la diplomatie américaine a affirmé que les Etats-Unis n'avaient pas offert d'aide militaire aux rebelles syriens.

"Nous ne livrons ni en Syrie, ni ailleurs de choses qui soient utilisées dans la lutte contre des manifestants pacifiques, contrairement aux Etats-Unis eux-mêmes qui livrent régulièrement dans des pays de la région de tels équipements spéciaux", a riposté le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, au cours d'une visite en Iran, autre fervent défenseur de Bachar Al-Assad. Le ministère russe a ensuite démenti ces déclarations, arguant d'"une erreur de traduction".