Le bilan humain du conflit syrien s'avère encore plus dramatique que prévu. En près de vingt-deux mois, les violences ont fait plus de 60 000 morts, a estimé mercredi 2 janvier Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. Ce chiffre est "bien supérieur à ce que nous escomptions et est vraiment choquant", a-t-elle déclaré, en disant se baser sur une étude "exhaustive", fruit de cinq mois de travail.

Les chercheurs ont comparé les résultats provenant de sept sources différentes et sont parvenus à une liste de 59 648 personnes tuées entre le 15 mars 2011 et le 30 novembre 2012. "Compte tenu que le conflit n'a pas baissé en intensité depuis la fin novembre, nous pouvons présumer début janvier que plus de 60 000 personnes ont péri", a ajouté Navi Pillay.

45 000 victimes, selon l'OSDH

Les estimations faites jusqu'à présent parlaient de plus de 45 000 victimes. Le 26 décembre, l'Observatoire syrien des droits de l'homme avait avancé ce chiffre, recensant notamment plus de 30 000 civils, 11 217 soldats tués, 1 511 déserteurs et  "776 autres personnes tuées dont l'identité n'a pu être établie". L'organisation estimait toutefois que le nombre de victimes pourrait dépasser les 100 000, en raison des milliers de personnes non comptées parmi les morts, comme les détenus ou les "chabbiha" (miliciens pro-régime).