Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, le 23 novembre 2012 en Russie.
Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, le 23 novembre 2012 en Russie. (NATALIA KOLESNIKOVA / AFP)

SYRIE - Attendu lundi soir à Paris, Dmitri Medvedev n'a pas mâché ses mots sur la politique syrienne de la France. Le soutien apporté par la France à la Coalition de l'opposition syrienne contre le régime de Bachar Al-Assad est "tout à fait inacceptable au regard du droit international", a déclaré le Premier ministre russe, dans une interview accordée à l'AFP et au Figaro lundi 26 novembre.

La décision de Paris de reconnaître l'opposition comme "seul représentant du peuple syrien" et de demander la levée de l'embargo sur les livraisons d'armes aux opposants du régime Assad est selon lui "très discutable". "Je rappelle que selon les principes du droit international approuvés par l'ONU en 1970, aucun gouvernement, aucun Etat ne doit entreprendre d'action visant au renversement par la force du régime en place dans un pays tiers", a souligné le Premier ministre russe.

Medvedev défend les livraisons d'armes russes au régime syrien

"Le souhait de modifier le régime d'un pays tiers en reconnaissant une force politique comme seul représentant de la souveraineté nationale ne me semble pas quelque chose de tout à fait civilisé", a poursuivi Dmitri Medvedev. "C'est au peuple syrien, y compris à ses forces d'opposition, de décider du sort d'Assad et de son régime. Mais il est souhaitable que ces forces (d'opposition) arrivent au pouvoir par des voies légales et non pas grâce à des livraisons d'armes de la part de pays tiers", a poursuivi le Premier ministre.

"La Russie ne soutient ni le régime Assad ni l'opposition. Nous avons une position neutre", a assuré Medvedev en soulignant que la seule solution était l'ouverture de négociations entre les parties en conflit et l'organisation de nouvelles élections. Interrogé sur la poursuite des livraisons d'armes russes à la Syrie, il a affirmé que "cette coopération militaire a[vait] toujours eu un caractère légal", et souligné par ailleurs qu'il n'y avait pas d'embargo de l'ONU sur les livraisons d'armes à la Syrie. "Tout ce que nous avons fourni, ce sont des armes destinées à se défendre contre une agression extérieure", a-t-il ajouté.