Syrie : la coalition frappe à nouveau des forces pro-régime près d'Al-Tanaf

La coalition menée par les Etats-Unis dit avoir bombardé des forces pro-régime qui avaient pénétré une "zone de déconfliction", où toute intrusion est considérée comme menaçante. Al-Tanaf est le lieu choisi par la coalition pour entraîner des forces syriennes locales destinées à se battre contre le groupe Etat islamique

Le général Joseph Votel, commandant du  Central Command de l\'armée américaine (Centcom), lors d\'une conférence de presse au Pentagone, le 30 août 2016.
Le général Joseph Votel, commandant du Central Command de l'armée américaine (Centcom), lors d'une conférence de presse au Pentagone, le 30 août 2016. (SAMUEL CORUM / ANADOLU AGENCY / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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La coalition internationale contre le groupe Etat islamique a de nouveau frappé en Syrie des forces pro-régime près d'Al-Tanaf, mardi 6 juin, non loin des frontières irakienne et jordanienne. Menée par les Etats-Unis, la coalition a bombardé un groupe "de plus de 60 soldats" avec notamment "un char" et "de l'artillerie" qui représentaient "une menace" pour les forces de la coalition présentes à Al-Tanaf, précise un communiqué (en anglais).

"Plusieurs avertissements" ont été donnés avant le bombardement via la ligne téléphonique spéciale mis en place par la coalition avec la Russie, alliée de Damas, explique la coalition. Le bombardement a détruit "deux pièces d'artillerie et des armes anti-aériennes", toujours selon le communiqué.

Rivalités grandissantes autour du leadership de la lutte contre le groupe Etat islamique

Un premier bombardement semblable s'était déjà produit(en anglais) le 18 mai contre ces forces, lesquelles seraient soutenues par l'Iran, selon le Pentagone américain. La Syrie et la Russie avaient alors condamné ces frappes, et Damas avait assuré qu'elle ne se laisserait pas "intimider".

Ces nouvelles frappes ont lieu dans un contexte de tension de rivalités grandissantes. Le président syrien Bachar al-Assad essaie d'éviter que les Etats-Unis ne soient le pays qui dirige le combat contre le groupe Etat islamique dans l'est de la Syrie. Ses forces progressent désormais dans cette direction, après avoir remporté une série de victoires sur les rebelles à l'ouest.

Une violation de la zone de "déconfliction", selon la coalition

Al-Tanaf est le lieu choisi par la coalition pour entraîner des forces syriennes locales destinées à se battre contre le groupe Etat islamique. Des forces spéciales américaines et britanniques sont présentes sur place depuis plusieurs mois. La coalition a établi dans un rayon de 55 kilomètres autour de la ville une zone de sécurité, dite "zone de déconfliction", où toute intrusion est considérée comme menaçante.

Mardi, les forces pro-régimes étaient déjà "bien avancées" à l'intérieur de la zone lorsque la coalition a déclenché son bombardement, selon le communiqué. "La coalition ne cherche pas à combattre le régime syrien ou les forces pro-régime mais est prête à se défendre si des forces pro-régime refusent de quitter la zone de déconfliction."