Syrie : "Le plan Annan ira en enfer", menacent les rebelles

Plus de 90 civils, dont 25 enfants, ont été tués vendredi dans le centre du pays. Paris  tente de mobiliser al communauté internationale tandis que les rebelles menacent d'abandonner le plan de Kofi Annan pour la paix.

Manifestation contre le président Bachar Al-Assad dans les rues de Houla (Syrie), le 25 mai 2012.
Manifestation contre le président Bachar Al-Assad dans les rues de Houla (Syrie), le 25 mai 2012. (SHAAM NEWS NETWORK / REUTERS)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Plus de 90 civils, dont 25 enfants, ont été tués vendredi 25 mai dans le bombardement de Houla, dans le centre de la Syrie. "C'est un véritable massacre qui a lieu alors que les observateurs de l'ONU maintiennent le silence", a dénoncé vendredi le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Au total, plus de cent personnes ont perdu la vie vendredi, dans tout le pays.

Le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a demandé samedi l'application immédiate du plan de paix de Kofi Annan et dénoncé le "régime assassin" de Bachar Al-Assad. Il a par ailleurs annoncé son intention de réunir rapidement à Paris le Groupe des pays amis du peuple syrien. "La communauté internationale doit se mobiliser encore davantage pour arrêter le martyre du peuple syrien", a-t-il conclu.

Un plan de paix que l'Armée syrienne libre, essentiellement composée de déserteurs, a estimé n'être plus tenue de respecter si l'ONU n'offre pas immédiatement une solution pour mettre fin aux violences du régime. "A moins que le Conseil de sécurité de l'ONU ne prenne des décisions d'urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer", a affirmé l'ASL.

Les observateurs de l'ONU comptent les morts

L'opposition réclamait depuis vendredi la venue des observateurs de l'ONU à Houla, pour constater le "massacre". Déployés en Syrie pour surveiller un cessez-le-feu largement ignoré, ils se sont finalement rendus samedi dans le village de Taldo, à quelques kilomètres de Houla. "Des bruits d'explosions et de tirs étaient entendus au moment de la visite des observateurs", a déclaré le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, ajoutant que ces derniers avaient "refusé de rester" dans le village comme le demandaient les habitants, qui voulaient procéder à des funérailles "sans qu'on leur tire dessus".

Le chef des observateurs en Syrie, le général Robert Mood, a condamné samedi soir la "tragédie brutale" à Houla, qui a fait, selon les observateur, plus de 92 morts, dont 32 enfants de moins de 10 ans. Le général Mood a précisé que "les observateurs ont confirmé (...) l'usage d'artillerie tirée depuis des chars".

Des blindés à Alep

Par ailleurs, des blindés de l'armée sont entrés dans les rues d'Alep, vendredi, pour la première fois depuis le début de la révolte en Syrie, a indiqué une ONG. Alep,  théâtre ces dernières semaines de manifestations contre le régime d'une ampleur inédite, est la deuxième ville du pays. Ces blindés circulaient notamment dans les quartiers de Kalassé et Boustane al-Kasr, où des milliers de personnes participaient aux funérailles d'un jeune homme tué par balles.