Syrie : assiégée par le régime d'Al-Assad, la ville de Madaya meurt de faim

Quelque 40 000 personnes, des civils essentiellement, seraient piégées dans cette localité située à moins de 30 km au nord-ouest de Damas.

Des observateurs de l'ONU visitent la ville de Madaya, en Syrie, le 6 mai 2012. Près de quatre ans après, ses habitants assiégés par l'armée du régime souffrent de la faim.
Des observateurs de l'ONU visitent la ville de Madaya, en Syrie, le 6 mai 2012. Près de quatre ans après, ses habitants assiégés par l'armée du régime souffrent de la faim. (KHALED AL HARIRI / REUTERS)

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Interrogés par l'Agence France Presse, certains disent avoir "oublié le goût du pain". Assiégés par l'armée de Bachar Al-Assad malgré une trêve conclue il y a plus de trois mois, les habitants de Madaya (Syrie) souffrent de la faim.

Quelque 40 000 personnes, des civils essentiellement, seraient piégées dans cette localité située à moins de 30 km au nord-ouest de Damas, non loin de la frontière libanaise. Une grande partie d'entre elles sont des déplacés du bastion rebelle de Zabadani, également assiégé par les forces progouvernementales.

De l'herbe en guise de repas

La vie devait pourtant s'améliorer à Madaya. Un accord conclu en septembre devait en effet permettre l'entrée de l'aide et l'évacuation des civils et des blessés. Mais la ville n'a reçu qu'une seule fois de l'aide en trois mois. Et la situation y est devenue terrible. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au moins 10 personnes sont mortes à cause du manque de médicaments et de nourriture.

Treize autres ont été tuées par l'explosion des mines posées par les forces du régime ou par des franc-tireurs en tentant de quitter la localité pour trouver de la nourriture, précise cette ONG proche de l'opposition. "De nombreux habitants se nourrissent d'herbe pour survivre ou doivent verser des sommes importantes aux points de contrôle gouvernementaux pour obtenir de la nourriture", relève son directeur, Rami Abdel Rahmane. "Un habitant a même dû mettre sa voiture en vente pour le prix de 10 kg de riz. Il n'a pas pu la vendre, et un membre de sa famille est mort à cause de la pénurie de nourriture".

Une situation "insoutenable" pour Paris

Face à la gravité de la situation, Paris a réagi. Par la voie du ministère des Affaires étrangères, la France a condamné mercredi 6 janvier le siège imposé par le régime syrien à la ville. "La France appelle à la levée immédiate de ce siège et à l'accès d'urgence de l'aide humanitaire à Madaya et à toutes les zones assiégées en Syrie", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Romain Nadal.

"Alors que les 40 000 habitants de la ville meurent de faim, le régime ne permet l'accès à la ville à aucune organisation humanitaire. Cette situation est insoutenable et inacceptable", a souligné le porte-parole du Quai d'Orsay.