Amnesty International ne prend pas de gants pour accuser le régime de Bachar Al-Assad. Selon l'ONG,qui a publié un rapport sur le sujet le mercredi 13 juin, le pouvoir syrien commet actuellement des crimes contre l'humanité au nom de la raison d'Etat, afin de se venger des communautés soupçonnées de soutenir les insurgés. L'ONG de défense des droits de l'homme, dont le siège est situé à Londres, demande une réaction internationale, affirmant avoir des preuves récentes que des victimes, y compris des enfants, avaient été traînées hors de leurs maisons et tuées par des soldats, qui dans certains cas avaient brûlé leurs cadavres.

"Ces nouvelles preuves inquiétantes d'un système organisé de graves exactions met en lumière la nécessité urgente d'une action internationale décisive", a déclaré Donatella Rivera, spécialiste d'Amnesty International pour les situations de crise, en présentant le rapport de 70 pages intitulé "Représailles Mortelles". Amnesty a interviewé des habitants dans 23 villes et villages de Syrie et a conclu que les forces gouvernementales et les milices syriennes qui soutiennent le pouvoir (les Shabiha) étaient coupables de "graves violations des droits de l'homme et de sérieuses entorses au droit humanitaire international allant jusqu'aux crimes contre l'humanité et aux crimes de guerre", a-t-elle poursuivi.

Pour un embargo sur les armes

Amnesty décrit comment des soldats et des milices Shabiha ont mis le feu à des maisons et à des biens, tirant sans distinction dans les zones résidentielles, tuant et blessant des passants. "Partout où je suis allée, j'ai rencontré des habitants désespérés qui m'ont demandé pourquoi le monde restait là sans rien faire", a-t-elle ajouté. Amnesty a également accusé le régime syrien de torturer systématiquement les personnes arrêtées, y compris celles qui sont malades et âgées.

Dans son rapport, Amnesty International demande au Conseil de sécurité des Nations unies de transmettre l'affaire au Procureur de la Cour de justice internationale et d'imposer un embargo sur les armes pour la Syrie. 

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, et le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, ont estimé que la Syrie se trouvait en situation de "guerre civile". Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 14 100 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées depuis le début de la révolte contre le président Bachar Al-Assad, en mars 2011.