Malgré le siège de Homs, Poutine ne veut pas d'ingérence en Syrie

Le bastion de la contestation syrienne vit sous les bombardements, mais la Russie met en garde contre toute intervention étrangère.

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, à Moscou, le 8 février 2012. Au cours d'une rencontre avec des dignitaires religieux, il a mis en garde contre toute ingérence en Syrie.
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, à Moscou, le 8 février 2012. Au cours d'une rencontre avec des dignitaires religieux, il a mis en garde contre toute ingérence en Syrie. (YANA LAPIKOVA / AFP)

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Homs n'en finit plus de compter ses morts. Pour le cinquième jour consécutif mercredi 8 février, cette ville de 1,6 million d'habitants, foyer de la contestation syrienne, est bombardée à coups de roquettes et d'obus de mortier par l'armée. Cinquante personnes ont été tuées dans la ville, selon les insurgés. Ils décrivent un champ de ruines : les télécommunications et l'électricité sont coupées, les infrastructures détruites, la nourriture manque. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a dénombré 19 autres victimes dans le reste du pays. Des images amateurs montrent des combats de rue à Idleb et des bâtiments en feu à Homs :

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Reuters


Mardi, le président Bachar Al-Assad s'était pourtant engagé devant le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à "faire cesser les violences d'où qu'elles viennent", selon ce dernier. Mais rien n'y fait. Le pouvoir affirme que ses forces pourchassent des "groupes terroristes" accusés d'être à l'origine des violences contre les civils, en faisant état de morts dans l'explosion d'une "voiture piégée".

Pour sa part, l'allié russe, qui a fait valoir son veto avec la Chine contre un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, a bombé le torse contre ses détracteurs occidentaux et la Ligue arabe. Son Premier ministre, Vladimir Poutine, a appelé à "ne pas se comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine".

Le président russe, Dmitri Medvedev, s'est lui entretenu avec son homologue français, Nicolas Sarkozy. Selon le Kremlin, Medvedev a appelé les partenaires de la Russie à "éviter des mesures unilatérales précipitées" pour ne pas mettre à bas "un travail difficile, en particulier au Conseil de sécurité de l'ONU".