Cette fois, c'est trop : le ton est monté lundi 25 juin à Ankara après qu'un deuxième avion turc a été pris pour cible par l'armée syrienne. Le Casa CN-235, un appareil de recherche et de sauvetage de l'armée turque, participait aux recherches pour secourir les deux pilotes d'un premier avion de combat turc abattu vendredi.

"Des tirs venant du sol ont visé notre avion CASA. Notre ministère des Affaires étrangères et notre état-major ont appelé les autorités syriennes et ce harcèlement a immédiatement cessé", a expliqué le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç, dénonçant violemment l'attitude de Damas. 

Des sanctions bilatérales possibles

"Prendre pour cible un avion de cette façon, sans avertissement préalable, est un acte hostile au plus haut point", a-t-il asséné."Il n'y a aucun doute que les Syriens ont intentionnellement pris pour cible notre avion dans l'espace aérien international. [...] Tout le monde doit savoir que ce genre de comportement ne restera pas impuni", a ajouté le ministre, précisant que la Turquie agirait dans le respect des règles du droit international.

Parmi les représailles possibles, certains ont évoqué une interruption des livraisons d'électricité à la Syrie : la compagnie privée turque Aksa de distribution d'électricité doit livrer environ 500 millions de kWh à la Syrie d'ici la fin de l'année, principalement à destination de la ville syrienne d'Alep et aux alentours. Le ministre a confirmé que le gouvernement réfléchissait à une telle mesure, dont il s'est pour l'instant abstenu "pour des raisons humanitaires, afin que la vie quotidienne de la population ne soit pas affectée".