Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité samedi 14 avril un texte autorisant l'envoi d'observateurs en Syrie. Ces derniers seront chargés de rendre compte de la mise en place du cessez-le-feu instauré jeudi, mais déjà violé par les forces de l'ordre syriennes. 

(Francetv info)

• Que prévoit la résolution ?

Aux termes de la résolution 2042, l'ONU pourra déployer dans les prochains jours "une équipe avancée de trente observateurs militaires non armés tout au plus", en prélude à une mission complète. Cette mission complète devrait compter 250 hommes, mais son déploiement prendra plusieurs semaines et nécessitera une nouvelle résolution.

Afin de donner à cette mission d'observation les moyens de faire son travail, le Conseil demande à Damas de garantir la sécurité des observateurs, leur liberté de mouvement qui doit être "entière, sans entrave et immédiate" ainsi que la confidentialité de leurs communications.

Les 15 pays réclament aussi du gouvernement syrien qu'il respecte sa promesse de retirer ses troupes des villes rebelles, conformément au plan de paix du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan. Le Conseil se propose "d'envisager toutes autres mesures qu'il jugera appropriées" si la résolution n'est pas appliquée, selon le texte.

• Change-t-elle la donne ?

La résolution 2042 est la première du Conseil de sécurité sur la Syrie, les 15 pays n'ayant pour l'instant adopté que trois "déclarations présidentielles". La Russie et la Chine ont mis leur veto à deux précédentes résolutions depuis le début de la crise syrienne il y a 13 mois. Les deux pays ont cette fois-ci donné leur accord après tractations.

Cependant, l'envoi d'observateurs sur le terrain n'est pas nouveau. La ligue arabe a déjà envoyé un groupe d'observateurs sur le terrain, sans que leur présence n'impacte la situation sur place. Kofi Annan, l'émissaire spéciale de l'ONU sur la question, s'est lui aussi rendu sur place.

• Quelle est la situation sur le terrain ?

Dès samedi matin, l'armée a bombardé pendant une heure deux quartiers de la ville de Homs, dans le centre du pays, selon une ONG syrienne, faisant un mort. Il s'agit de l'entorse la plus grave au cessez-le-feu depuis jeudi. 

Cinq autres personnes, dont deux membres des forces de sécurité ont également été tuées dans des violences à travers le pays. A Alep (nord), deuxième ville du pays, les forces de sécurité ont tiré sur des participants à des funérailles d'un jeune homme tué la veille, blessant trois civils. Dans la province de Deraa, les manifestations ont repris, appelant de nouveau au départ du président Bachar al-Assad. 

De son côté, la télévision d'Etat a accusé les rebelles, que le régime qualifie de "terroristes", d'être à l'origine des violences, notamment à Deraa, les accusant d'"oeuvrer à saboter le plan (de l'émissaire international Kofi) Annan".