Hollande, Trump, accusations d'exécution : quatre phrases à retenir de l'interview de Bachar Al-Assad à deux médias français

Le président syrien a reçu des journalistes d'Europe 1 et TF1 à Damas.

Le président syrien Bachar Al-Assad, lors d\'une interview avec Yahoo News, le 10 février 2017 à Damas.
Le président syrien Bachar Al-Assad, lors d'une interview avec Yahoo News, le 10 février 2017 à Damas. (REUTERS)
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Un mois après son interview à trois médias français dont franceinfo, Bachar Al-Assad a accordé une nouvelle entrevue, à Europe 1 et TF1, jeudi 16 février. Alors que le régime syrien est accusé par Amnesty International, début février, d'avoir exécuté jusqu'à 13 000 personnes dans une prison gouvernementale, le chef de l'Etat a répondu à ce rapport de l'ONG, mais aussi évoqué la politique de François Hollande et la visite de députés français en Syrie en janvier. Résumé en quatre citations.

Sur les accusations d'exécutions de masse : "Ce rapport est bâti sur des allégations"

Bachar Al-Assad a été interrogé sur le rapport d'Amnesty International, publié mardi 7 février, qui qualifie la prison de Saydnaya, au nord de Damas, d'"abattoir humain". Selon l'ONG, qui se base sur de nombreux témoignages, jusqu'à 13 000 prisonniers y ont été exécutés par pendaison entre 2011 et 2015. "Ce rapport est bâti sur des allégations", s'insurge Bachar Al-Assad. "Pas un seul document, pas une seule preuve." Le président syrien réfute également les accusations de torture : "Nous avons toutes les informations qu'il nous faut, donc nous ne recourons pas à la torture."

Sur la visite de députés français : "L'un d'eux était un agent"

Interrogé pour savoir s'il avait des contacts avec les services de renseignement français, Bachar Al-Assad a une réponse étonnante : "Lors de la visite ici d’une délégation de parlementaires français, l’un d’entre eux était un agent", affirme-t-il. "Le gouvernement français prétend qu’il s’agit de délégation de parlementaires. Ce n’est pas vrai." Le président syrien n'a pas précisé à quelle visite il faisait référence. La plus récente est celle de trois députés en janvier : Jean Lassalle (ancien membre du MoDem), Thierry Mariani et Nicolas Dhuicq (Les Républicains). Ces deux derniers avaient déjà rencontre Bachar Al-Assad en mars 2016. 

Sur Hollande : "Je ne me soucie aucunement de lui"

Bachar Al-Assad a accusé la France de "soutenir les terroristes en Syrie". Invité à commenter la fin de mandat de François Hollande, il a rappelé qu'il ne l'avait "jamais rencontré". "Pour être franc, je ne me soucie aucunement de lui et (...) ses 11% de popularité, a-t-il poursuivi, ce qui je pense s'appelle toucher le fond comme jamais aucun de ces prédécesseurs dans l'histoire de France." Bachar Al-Assad assure également n'avoir eu de contact avec aucun des candidats à l'élection présidentielle, élection qu'il suit "dans les grandes lignes, pas dans les détails".

Sur le décret de Trump : "Ce n’est pas le peuple syrien qui est visé"

La Syrie est l'un des sept pays visés par le décret sur l'immigration signé par Donald Trump, qui interdisait aux ressortissants de ces pays l'entrée sur le territoire américain, jusqu'à sa suspension par la justice. Un décret auquel Bachar Al-Assad ne s'oppose pas, reprenant la thèse de Donal Trump et qualifiant les migrants de terroriste, le terme qu'il utilise au sujet de tous les rebelles : "Ce n’est pas le peuple syrien qui est visé ici. Ce sont les terroristes, qui pourraient s'infiltrer à travers certains immigrants venus à l’ouest."

Voici quelques extraits de cet entretient diffusé sur TF1 jeudi

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