"En moins de trois heures, 3 600 patients présentant des symptômes neurotoxiques ont été reçus, et 355 d'entre eux sont morts." C'est que qu'affirme Médecins sans frontières (MSF), dans un communiqué mis en ligne sur son site, samedi 24 août. L'ONG est ainsi la première source indépendante à confirmer l'utilisation d'armes chimiques dans la région de Damas, la capitale de la Syrie.

L'usage d'armes chimiques, le mercredi 21 août au matin, est évoqué depuis plusieurs jours par l'opposition syrienne. Elle accuse le régime d'avoir mené une attaque de grande ampleur. De son côté, le régime du président syrien Bachar Al-Assad nie en bloc. Le ministre syrien de l'Information, Omrane Al-Zohbi, a affirmé samedi que son régime n'avait "jamais utilisé d'armes chimiques". Le régime syrien a aussi accusé, à son tour, les rebelles d'avoir eu recours à des gaz toxiques à la périphérie de Damas, pour repousser une offensive de l'armée. Ce que l'opposition a fermement démenti samedi après-midi.

L'OSDH revoir son bilan à la hausse

De son côté, une ONG syrienne a aussi annoncé un bilan samedi. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a recensé 322 morts, dont 54 enfants, 82 femmes et des dizaines de rebelles en plus de 16 corps non identifiés. Elle avait initialement recensé 170 morts.

Pour établir son bilan, l'OSDH a obtenu de médecins "des rapports et témoignages médicaux qui montrent que la plupart des martyrs sont morts après avoir été exposés à des gaz toxiques". L'ONG, basée au Royaume-Uni, collabore avec un large réseau de militants et de sources médicales civiles et militaires.

Des informations communiquées par trois hôpitaux

De leur côté, pour établir leur bilan, les équipes de MSF sont en contact avec le personnel médical de trois hôpitaux, situés dans le gouvernorat de Damas. Elles fournissent des médicaments, du matériel médical et un appui technique à ces établissements. 

"Les symptômes qui nous ont été rapportés, tels que les convulsions, l'hypersalivation, les pupilles contractées, la vision trouble et la détresse respiratoire (...) suggèrent fortement l'exposition massive à un agent neurotoxique", a souligné Bart Janssens, directeur des opérations à MSF. Il partage donc l'avis de Oubaida Al-Moufti, un médecin franco-syrien, porte-parole de l'Union des organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM), interrogé jeudi par francetv info.