Yémen : l'épidémie de choléra a touché plus de 300 000 personnes et fait plus de 1 600 morts en deux mois et demi

La guerre civile, qui déchire le pays depuis plus de deux ans, a favorisé l'effondrement de son système de santé. Les habitants sont aussi menacés par la famine. L'épidémie progresse "de façon incontrôlée", selon le Comité international de la Croix-Rouge.

Des Yéménites suspectées d\'être infectées par le choléra sont traitées dans une tente devant un hôpital de Sanaa, la capitale, le 28 juin 2017.
Des Yéménites suspectées d'être infectées par le choléra sont traitées dans une tente devant un hôpital de Sanaa, la capitale, le 28 juin 2017. (HANI AL-ANSI / AFP)
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La situation humanitaire du Yémen est toujours aussi dramatique. L'épidémie de choléra qui y sévit depuis la fin du mois d'avril a provoqué la mort de plus de 1 600 personnes et le cap des 300 000 cas a été franchi, a affirmé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), lundi 10 juillet. Le pays est ravagé par la guerre depuis plus de deux ans.

"L'épidémie de choléra au Yémen continue de progresser de façon incontrôlée", a ajouté le CICR dans le même tweet. Vendredi, l'Organisation mondiale de la santé, elle, évoquait un bilan de plus de 1 700 morts.

La lutte contre le choléra complique celle contre la famine

Selon un directeur régional de la Croix-Rouge, Roberto Mardini, sur Twitter, on recense actuellement environ 7 000 nouveaux cas de la maladie par jour.

Les organisations estiment cependant que la progression de l'épidémie a ralenti, et elle est moins meurtrière : selon l'OMS, le taux de mortalité est passé de 1,7%, début mai, à 0,6%.

Le choléra, qui se répand quand des bactéries fécales entrent en contact avec l'eau ou la nourriture, touche particulièrement les zones en manque d'hygiène. C'est le cas du Yémen, où une guerre oppose les forces progouvernementales, soutenues par une coalition arabe, et les rebelles chiites Houthis soutenus par l'Iran, ce qui a provoqué l'effondrement des structures sanitaires.

Jeudi, l'ONU alertait que la lutte contre le choléra avait obligé les ONG à utiliser une partie de leurs ressources programmées pour lutter contre la famine : 17 millions de personnes, soit les deux tiers de la population, souffrent de malnutrition.