Lors de la guerre en Libye, plusieurs pilotes avaient refusé de bombarder des civils et gagné Malte. En Syrie, en quinze mois d'affrontements, le cas ne s'était pas présenté... jusqu'au jeudi 21 juin. Aux commandes de son MiG-21, un colonel de l'armée syrienne, Hassan Merhi Al-Hamadé, a gagné la Jordanie.

Après avoir "décollé à toute vitesse et à basse altitude [pour échapper aux radars] d'un aéroport militaire situé entre Deraa et Soueida, dans le sud de la Syrie", selon un porte-parole du Conseil national syrien, il a atterri sur une base de l'armée de l'air jordanienne vers 8 heures locales. L'homme, issue d'une famille connue pour son combat contre le régime, a alors immédiatement demandé l'asile politique au royaume jordanien, qui le lui a accordé.

C'est "un traître", dit le régime syrien

Furieux, le ministère syrien de la Défense syrien a estimé que le colonel Hamadé était "un déserteur et un traître à la nation". Il a promis qu'il serait sanctionné "en vertu des règles en vigueur". Il a encore fait état de "contacts" avec la Jordanie en vue d'une restitution du MiG-21. Les Etats-Unis ont salué la défection, en estimant que ce pilote ne serait pas le dernier à abandonner le régime Assad.

Depuis le début de la révolte contre le régime Assad, en mars 2011, des dizaines de milliers de soldats syriens ont déserté. Des milliers ont rejoint les rangs de l'Armée syrienne libre (ASL) qui combat les troupes gouvernementales, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), mais c'est la première fois qu'un pilote déserte.

Une journée sanglante

Au même moment, la Syrie vivait une nouvelle journée sanglante. La répression et les combats entre soldats et déserteurs ont fait près de 170 morts jeudi, l'armée bombardant toujours sans relâche des bastions rebelles comme Homs et Deraa, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).