Turquie : la presse ciblée par Erdogan

Après les militaires et les fonctionnaires, ce sont maintenant les médias qui sont visés par le grand ménage du président Erdogan. 13 jours après le coup d'État raté, des dizaines de stations de télévision, de journaux et de magazines ont été fermés.

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C'est une incroyable liste : 45 journaux, 16 chaînes de télévision, trois agences de presse, 23 radios, 15 magasines, 29 maisons d'édition fermées. Une purge impitoyable contre les médias qui divise les Turcs. "Ils font une pression terrible sur les médias. Ceux qui ne pensent pas comme le président Erdogan sont ses ennemis", explique un homme turc. À l'inverse, un autre pense que "c'est une bonne décision. Si un coup d'État arrivait en Europe, des journaux seraient fermés", assure-t-il.

Les kiosques à journaux risquent de se retrouver à moitié vides

En ligne de mire, certains journalistes : 89 mandats d'arrêt. D'anciens collaborateurs du journal Zaman avant sa remise au pas en mars dernier. Zaman était considéré comme pro Gülen : l'ennemi juré du président Erdogan. Il l'accuse d'avoir fomenté le coup d'État. "C’est inacceptable que tant de gens soient sous mandat d'arrêt. Ces décisions ont été prises sans aucun élément de preuve si ce n'est qu'ils travaillaient dans ce journal", s'indigne Ugur Ayatc, président de l'Union des journalistes d'Istanbul. On ignore encore si ces fermetures de médias sont provisoires ou définitives, mais à ce rythme, les kiosques à journaux risquent de se retrouver à moitié vides.

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Le président turc Recip Tayyip Erdogan à Ankara (Turquie), le 4 mai 2016.
Le président turc Recip Tayyip Erdogan à Ankara (Turquie), le 4 mai 2016. (UMIT BEKTAS / REUTERS)