Vers un nouveau front contre l'Etat islamique en Libye ?

La présidence américaine lenvisage afin d'empêcher les jihadistes de se tailler un nouveau fief dans ce pays en proie au chaos.

Des hommes des services de sécurité inspectent le site d'un attentat suicide à la voiture piégée à Zliten (Libye) le 7 janvier 2016.
Des hommes des services de sécurité inspectent le site d'un attentat suicide à la voiture piégée à Zliten (Libye) le 7 janvier 2016. (MAHMUD TURKIA / AFP)

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"Il faut agir avant que le pays ne devienne un sanctuaire", "avant qu'ils ne deviennent extrêmement difficiles à déloger", car "nous ne voulons pas d'une situation comme en Irak ou en Syrie". Voilà comment un responsable américain de la Défense a résumé, vendredi 29 janvier, la position de l'administration Obama, face à la menace que font peser les jihadistes de l'Etat islamique sur la Libye. Après l'Irak et la Syrie, la présidence américaine envisage désormais l'ouverture d'un nouveau front contre le groupe jihadiste, en Libye.

Les jihadistes ont saisi des pans entiers de territoire

Les Etats-Unis veulent empêcher les jihadistes de se tailler un nouveau fief dans ce pays en proie au chaos, où les jihadistes ont réussi à saisir des pans entiers de territoire. Car, alors qu'il est sur la défensive en Irak et en Syrie, pilonnée depuis l'été 2014 par la coalition internationale, le groupe a en revanche réussi à prendre le contrôle de Syrte, à 450 km à l'est de Tripoli, et ses environs.

Forts d'environ 3 000 combattants, selon les estimations occidentales, les jihadistes ont lancé début janvier une offensive dans la zone du "Croissant pétrolier", où sont situés les principaux terminaux d'or noir.

Déjà une frappe américaine contre un chef jihadiste libyen

Inquiet de l'évolution de la situation, le président américain Barack Obama a convoqué jeudi 28 janvier un Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche consacré notamment à la Libye.Et les signaux se multiplient sur la volonté américaine de mettre un terme à l'expansion de l'Etat islamique dans ce pays. Le Pentagone prépare des options pour une intervention militaire, allant de frappes aériennes jusqu'à une participation à une force soutenue par l'ONU. 

Les Etats-Unis ont d'ores et déjà envoyé sur le terrain ces derniers mois de petits groupes de forces spéciales pour évaluer la situation, et nouer le contact avec les forces locales. Les Etats-Unis sont en outre déjà intervenus ponctuellement au moins une fois contre le groupe Etat islamique en Libye. En novembre dernier, ils ont tué dans une frappe aérienne un des chefs jihadiste dans le pays, l'Irakien Abou Nabil.

L'Italie pourrait diriger les opérations

Malgré leur volonté d'agir, les Américains ne semblent pas forcément souhaiter prendre la tête d'une éventuelle opération. Les responsables américains lorgnent en particulier du côté de l'Italie, l'ancienne puissance coloniale qui semble être prête, sous condition, à prendre la tête d'une opération internationale. 

Le président Obama recevra à la Maison Blanche le président italien le 8 février. Et le secrétaire d'Etat John Kerry rencontrera à Rome ses homologues européens le 2 février. Les pays européens sont concernés au premier chef par la crise en Libye. Le pays est l'un des principaux points de passage des migrants désirant rejoindre l'Europe.

De fait, les Etats-Unis et leurs alliés ont pour l'instant les yeux rivés sur les négociations en Libye sur la formation d'un gouvernement d'union nationale. Fayez El-Sarraj, le Premier ministre libyen, désigné après un accord conclu sous l'égide de l'ONU, s'est engagé à proposer une nouvelle équipe gouvernementale, d'ici la fin de la semaine prochaine. La communauté internationale doit pouvoir compter sur un partenaire fiable sur le terrain avant de pouvoir intervenir, expliquent militaires et diplomates.