Une Alsacienne découvre son fils, disparu en 2013, sur les listings de l'Etat islamique

Le "Telegraph" a contacté la mère d'un jeune homme dont le nom figure parmi des documents supposés du groupe jihadiste.

Photo non datée de jihadistes de l'Etat islamique dans la province de Salaheddine, en Irak.
Photo non datée de jihadistes de l'Etat islamique dans la province de Salaheddine, en Irak. (WELAYAT SALAHUDDIN / AFP)

Mis à jour le , publié le

Le jeune homme n'aurait pas donné signe de vie depuis juin 2013, mais sa disparition ne semble pas voir été signalée aux autorités. Une habitante d'Ottmarsheim (Haut-Rhin) a découvert, grâce au Telegraph (en anglais), que son fils figurait dans les listings supposés du groupe Etat islamique dévoilés par la chaîne Sky News.

L'une des fiches, déjà analysée par L'Express, concerne un Français, né le 4 juin 1989, "volontaire" pour devenir kamikaze. Sur le document issu de ces fuites figure le nom de sa mère, ainsi qu'un numéro de téléphone pour contacter sa famille, détaille le Telegraph. Avec cette précision : "Ne les appelez pas, même si je meurs."

"Il a dû subir un lavage de cerveau"

Sa mère, contactée par le journal britannique, assure n'avoir jamais été contactée par la police ou les services de renseignement. "Je suis sidérée, raconte-t-elle. C'était un garçon adorable qui s'interposerait entre deux personnes dans une bagarre plutôt que d'en commencer une. Il a dû subir un lavage de cerveau."

A l'époque de sa disparition, la santé mentale du jeune homme était mauvaise, explique-t-elle : il était affecté par la mort de sa grand-mère, venait de rater sa deuxième année de psychologie à l'université de Strasbourg et avait connu une déception amoureuse.

"On doit le sauver"

"C'était une bonne personne, mais un peu perdu et on ne savait pas comment l'aider, confie sa mère. Il était un peu bipolaire – un jour en forme, l'autre déprimé. (...) C'est quelqu'un de très gentil qui a été affaibli par une série d'événements. On doit le sauver."

Chaque fois que le téléphone sonne, j'espère que c'est lui.

La mère d'un Français présent sur les listings du groupe Etat islamique

"The Telegraph"

La mère veut croire qu'une autre hypothèse est possible. "Peut-être s'est-il fait voler sa carte d'identité, espère-t-elle. Peut-être qu'il n'a rien à voir avec ça." "Ils tombent des nues, ils ont du mal à y croire, confirme Marc Munck, le maire d’Ottmarsheim, contacté par L'Alsace. Ils ne s’imaginent pas que leur fils puisse être converti." L'édile appelle également à la prudence face à cette information.