Syrie : les derniers jihadistes présents à Raqqa vont être évacués

Les jihadistes syriens et étrangers, vont être évacués de la ville, que des combattants antijihadistes soutenus par Washington sont en passe de reconquérir.

Dans la ville de Raqa, en passe d\'être libérée par les Forces démocratiques syriennes, le 12 octobre 2017.
Dans la ville de Raqa, en passe d'être libérée par les Forces démocratiques syriennes, le 12 octobre 2017. (BULENT KILIC / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Le groupe Etat islamique devrait bientôt être chassé de Raqqa, cette ville du nord de la Syrie dont elle avait fait sa capitale autoproclamée. Les jihadistes syriens et étrangers, vont être évacués de la ville en vertu d'un accord dévoilé samedi 14 octobre. Selon les termes de l'accord, les combattants étrangers pourront soit se rendre, soit embarquer dans des bus pour être évacués, probablement vers la province voisine de Deir Ezzor, a indiqué à l'AFP Omar Allouche, un haut responsable du Conseil civil de Raqa.

Cette administration locale était chargée de mener, avec des figures tribales, les négociations qui devaient permettre la reprise totale de Raqa aux jihadistes, et l'évacuation des civils, parfois utilisés comme boucliers humains.

La coalition craint la fuite des jihadistes étrangers

Selon Omar Allouche, les combattants étrangers sont bien concernés par cet accord, contrairement aux affirmations de la coalition, qui s'était auparavant montrée intraitable. Les jihadistes étrangers "ne sont pas autorisés à quitter Raqa", avait-elle prévenu, prédisant "des combats difficiles dans les jours à venir".

Cet été, une évacuation de jihadistes depuis la région frontalière entre le Liban et la Syrie vers la région de Deir Ezzor avait déjà suscité des réactions hostiles de la part de la coalition, qui avait lancé des raids pour empêcher un convoi d'arriver près de l'Irak. Plusieurs pays occidentaux craignent en effet que la démobilisation de l'EI en Syrie et en Irak n'entraîne un retour dans leur pays des jihadistes qui pourraient constituer un danger.

Les jihadistes retranchés dans leurs derniers réduits

Trois ans après sa fulgurante ascension en Irak et en Syrie, l'EI se trouve acculé dans ses derniers fiefs et voit son "califat" autoproclamé en 2014 s'écrouler face aux offensives soutenues par les Etats-Unis ou la Russie.

A Raqqa, cela fait plusieurs semaines que les jihadistes sont retranchés dans leurs derniers réduits, alors que les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS) ont progressivement repris près de 90% de la ville, grâce à l'appui des frappes aériennes de la coalition. Jusqu'à 500 jihadistes, des Syriens et des étrangers, pourraient être encore retranchés dans Raqa, selon Omar Allouche. "Ils ont 400 otages, des femmes et des enfants, dans l'hôpital" de la ville, précise-t-il.