Syrie : Bachar Al-Assad promet de faire en sorte que la trêve "fonctionne" et propose "une amnistie complète" aux opposants armés

Dans une interview accordée à la télévision allemande, le président syrien propose "un retour à la vie civile" aux combattants de l'opposition déposant les armes.

Le président syrien Bachar Al-Assad lors d'un entretien à l'AFP, jeudi 11 février 2016 à Damas (Syrie).
Le président syrien Bachar Al-Assad lors d'un entretien à l'AFP, jeudi 11 février 2016 à Damas (Syrie). (JOSEPH EID / AFP)

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Quatre jours après l'entrée en vigueur de la trève en SyrieBachar Al-Assad promet de tout faire pour qu'elle soit respectée. Dans une interview à la télévision publique allemande ARD (en allemand) dont des extraits ont été publiés mardi 1er mars, le président syrien déclare : "Nous ferons ce qui dépend de nous pour que tout cela fonctionne."

Bachar Al-Assad propose également "un retour à la vie civile" et "une amnistie complète" aux combattants de l'opposition déposant les armes. Il ajoute : "La chose la plus importante pour moi, légalement et constitutionnellement, en me fondant sur l'intérêt du peuple syrien et les principes qui régissent tout Etat, c'est que l'on n'est pas autorisé en tant que citoyen à détenir des armes à feu et à porter atteinte aux gens ou aux biens."

Concernant la trêve, "les terroristes l'ont rompue dès la première heure", estime le président syrien. Mais, assure-t-il, "l'armée syrienne s'est abstenue de toute représailles pour maintenir les chances de survie de l'accord".

La population syrienne vit un "désastre humanitaire"

La trêve entre régime et rebelles est généralement respectée depuis samedi malgré quelques accusations de violation et les équipes de l'ONU ont pu livrer lundi de l'aide à l'une des villes assiégées. Les mouvements jihadistes Etat islamique (EI) et Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, sont exclus de la cessation des hostilités et continuent donc d'être visés par les frappes du régime, de la Russie ou de la coalition internationale dirigée par Washington.

Dans son interview à l'ARD, Bachar Al-Assad qualifie également de "désastre humanitaire" la situation de la population syrienne, contestant que ses troupes empêchent la livraison de vivres ou de médicaments dans les zones contrôlées par l'opposition. "Comment pourrions-nous priver ces zones de vivres alors que nous ne parvenons pas à empêcher l'approvisionnement en armes ?", interroge-t-il.