La justice relaxe l'instituteur d'Aubervilliers soupçonné d'avoir inventé une agression au nom de l'Etat islamique

Il avait reconnu avoir inventé son agression en garde à vue, avant de revenir sur ses déclarations pendant son procès. 

Une vue générale de l'école maternelle où exerçait l'enseignant qui a inventé une agression au cutter, le 14 décembre 2015 à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
Une vue générale de l'école maternelle où exerçait l'enseignant qui a inventé une agression au cutter, le 14 décembre 2015 à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). (JACQUES DEMARTHON / AFP)

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L'instituteur était poursuivi pour "dénonciation de crime imaginaire" après avoir affirmé qu'il avait été agressé le 14 décembre dans sa classe d'une école d'Aubervilliers, au nom de l'Etat islamique. Vendredi 12 février, cet homme de 45 ans a été relaxé par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

En garde à vue, ce professeur des écoles avait reconnu avoir inventé son agression, avant de revenir sur ses propos. Lors de son procès, le prévenu avait de nouveau adopté sa première version du récit de son attaque, décrivant par le menu comment il avait été attaqué "par derrière", alors qu'il était assis à son bureau en train de faire des découpages avec un cutter, par un homme "cagoulé et ganté, en combinaison de peintre tachée".

Des aveux forcés, selon ses avocates

Le procureur avait requis une peine de deux à trois mois d'emprisonnement avec sursis, accompagnée de 1 000 euros d'amende. Avec l'aide de ses avocates, l'homme avait tenté de démontrer que ses aveux étaient des aveux forcés, obtenus sous la contrainte. Lors de son audition, "il n'a pas mangé", "il est défoncé à la morphine", "après 5 heures d'interrogatoire, il va finir par craquer", avait argumenté son conseil, pointant ainsi un vice dans la procédure.