L'Iran libère cinq détenus américains

Ils ont été libérés en échange de sept Iraniens poursuivis aux Etats-Unis. 

Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, rencontre Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, samedi 16 janvier 2016. 
Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, rencontre Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, samedi 16 janvier 2016.  (YVES HERMAN / REUTERS)
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C'est un grand pas diplomatique. Quatre Irano-américains détenus en Iran, dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian, ont été libérés samedi 16 janvier et échangés avec sept Iraniens poursuivis aux Etats-Unis. Un cinquième détenu a été libéré, en dehors de cet accord. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a précisé qu'ils devraient bientôt rentrer chez eux. Francetv info fait le point. 

Qui sont les prisonniers libérés ? 

Jason Rezaian, 39 ans, a été arrêté en juillet 2014 à son domicile de Téhéran où il travaillait comme correspondant du quotidien américain The Washington Post depuis deux ans. Il a été condamné le 11 octobre 2015 à une peine de prison dont la durée n'a jamais été annoncée publiquement. Il était jugé pour "espionnage" et "collaboration avec des gouvernements hostiles", faits pour lesquels il encourait jusqu'à 20 ans de prison.

Le pasteur protestant Saïd Abedini est né en Iran il y a 35 ans et naturalisé américain. Arrêté en septembre 2012 lors d'une visite en Iran, il a été condamné en appel en 2013 à huit ans de prison pour avoir organisé une étude biblique. Il a été déclaré coupable de "création d'une église privée dans sa maison" et d'avoir "perturbé la sécurité nationale" par ses activités religieuses. Des faits qu'il a toujours niés. 

L'ex-Marine Amir Hekmati, 32 ans, avait été arrêté en août 2011 durant une visite à sa grand-mère en Iran. Reconnu coupable d'espionnage au profit de la CIA en dépit des démentis de Washington, il avait été condamné à mort en janvier 2012 mais sa peine avait été annulée deux mois plus tard par la Cour suprême iranienne qui l'a ensuite commuée en une peine de dix ans de prison.

Nosratollah Kosravi est le quatrième détenu irano-américain libéré dans le cadre de l'échange. On ne connaît pas grand chose de lui.

Un cinquième Américain, l'étudiant Matthew Trevithick, dont le nom et le sort n'avaient jamais été rendus publics, a également été libéré par les autorités iraniennes, mais hors du cadre de l'échange de prisonniers.

Qu'a obtenu l'Iran en échange ?

De leur côté, les Etats-Unis vont libérer sept Iraniens, dont six ont aussi la nationalité américaine, arrêtés aux Etats-Unis pour avoir violé les sanctions visant la République islamique. Washington a aussi décidé d'annuler les poursuites lancées contre 14 autres Iraniens soupçonnés d'avoir participé à l'achat d'armes aux Etats-Unis afin de les livrer à l'Iran et dont Washington réclamait l'extradition via Interpol.

Comment expliquer ces libérations ? 

Les relations entre l'Iran et les Etats-Unis se sont réchauffées depuis la conclusion, le 14 juillet dernier, à Vienne, de l’accord sur le nucléaire entre Téhéran et les grandes puissances. L'annonce de ces libérations est intervenue quelques heures avant l'officialisation de l'entrée en vigueur de cet accord. 

Dans la foulée, l'Union européenne a annoncé la levée, samedi soir, de ses sanctions économiques et financières contre l'Iran, juste après le feu vert de l'AIEA à la mise en oeuvre de l'accord. Les Etats-Unis ont fait de même, avant une annonce similaire attendue de l'ONU. 

Concrètement, des milliards de dollars vont alors pouvoir être investis dans la République islamique, un pays de 77 millions d'habitants aux riches ressources pétrolières et gazières. Cette levée des sanctions devrait néanmoins être progressive et contrôlée