Nucléaire iranien : la France félicitée par John McCain et critiquée par l'Iran

Le sénateur américain a salué la France qui a "eu le courage d'empêcher un mauvais accord". Francetv info revient sur l'accueil réservé à la position française.

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, le 9 novembre 2013, à Genève (Suisse).
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, le 9 novembre 2013, à Genève (Suisse). (DENIS BALIBOUSE / REUTERS)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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"Vive la France !" La position française lors des négociations sur le nucléaire iranien n'ont pas valu que des critiques à Paris, comme en témoigne un tweet publié par le sénateur républicain John McCain, dimanche 10 novembre. L'ancien candidat à la Maison Blanche a remercié la France pour son "courage d'empêcher un mauvais accord".

Lors de trois jours d'intenses négociations entre Téhéran et les grandes puissances, à Genève (Suisse), les Français ont plusieurs fois publiquement dénoncé les points de blocage et le manque de garanties dans l'accord intérimaire en préparation. Leurs prises de position ont été diversement accueillies.

Les plus enthousiastes : les Républicains US

John McCain n'est pas le seul de son camp à remercier la France. Le sénateur républicain Lindsey Graham a lancé, sur CNN, "Dieu merci pour la France, Dieu merci pour ce refus d'un accord". Il souhaite un accord plus ferme que celui discuté à Genève. Il a expliqué qu'un texte bipartisan sur l'Iran était en préparation, pour la semaine prochaine, au Congrès.

Ce document comportera quatre exigences, selon le républicain : "l'arrêt de l'enrichissement (d'uranium), le démantèlement des centrifugeuses, l'arrêt de la construction d'un réacteur à plutonium et l'autorisation du contrôle par la communauté international de tout le cycle iranien (du combustible)". "Si un accord remplissait ces quatre exigences, je serais satisfait", sinon "le monde le regrettera", a-t-il fait valoir.

Les plus critiques : les Iraniens

La France a été accusée par l'Iran d'avoir joué les trouble-fête autour de la table des négociations, rapporte Le Monde. Le président iranien Hassan Rohani avait appelé, samedi, les grandes puissances à ne pas rater l'"occasion exceptionnelle" de parvenir à un accord. Dimanche, après les réserves émises par Paris, un compte Twitter présenté comme géré par le bureau du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a ciblé la France. "Les autorités françaises ont été ouvertement hostiles à la nation iranienne ces dernières années ; c'est une attitude imprudente et inepte", peut-on y lire.

Vis-à-vis de l'Iran, la France est souvent sur une ligne plus dure que les autres puissances mondiales. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, l'a accusée d'être plus intransigeante que les Etats-Unis dans les discussions.

Les plus modérés : les autres

Sans polémiquer, les autres puissances ayant participé aux discussions à Genève ont cherché à maintenir l'élan. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a ainsi souligné, dimanche, que les négociations marathon de Genève sur le nucléaire iranien avaient été "très substantielles". Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a estimé qu'on était "plus proches d'une solution raisonnable que nous ne l'avons été depuis des années" et le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a salué "les progrès accomplis".