Syrie, Irak, Yemen : les populations des grandes villes, premières victimes de la guerre

Selon un rapport du Comité international de la Croix-Rouge, publié mercredi, la grande majorité des pertes civiles des conflits en Syrie, Irak et Yemen, depuis trois ans, se concentre dans les grandes villes des pays. 

Un combattant kurde devant la ville de Kobane (Syrie) ravagé par la guerre, en janvier 2015.
Un combattant kurde devant la ville de Kobane (Syrie) ravagé par la guerre, en janvier 2015. (BULENT KILIC / AFP)
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Alors que les forces antijihadistes soutenues par la coalition internationale sont engagées dans de violents combats pour tenter de prendre Raqqa, fief de Daech en Syrie, un rapport du Comité international de la Croix-Rouge (Cicr), publié mercredi 14 juin, indique que plus de 70 % des morts civils en Irak et en Syrie ces trois dernières années (de janvier 2014 et mars 2017) ont eu lieu lors des offensives contre les grandes villes du pays.

Un phénomène qui pourrait s'accentuer

"Le phénomène est d’autant plus alarmant que de nouvelles offensives se préparent dans des villes comme Raqqa, en Syrie, ou s’intensifient, comme à Mossoul, en Irak", s’alarme Robert Mardini, directeur régional du CICR pour le Moyen-Orient. L'ONU estime à 160 000 le nombre d'habitants vivants toujours à Raqqa.

Le rapport du Cicr intitulé "J’ai vu ma ville mourir" précise qu’entre 2010 et 2015, près de la moitié des pertes civiles enregistrées au niveau mondial ont eu lieu en Syrie, en Irak et au Yémen, soit environ 42 000 morts sur 90 000. Toutes zones de conflits confondues dans le monde, le rapport précise que les guerres font cinq fois plus de victimes dans les villes qu’ailleurs.

Un mouvement migratoire d'une rare ampleur

Toujours en Syrie, en Irak et au Yémen, les conflits ont provoqué, au total le déplacement ou la migration de plus de 17 millions de personnes, soit le chiffre le plus important jamais observé depuis la Seconde Guerre mondiale selon le CICR. "Les conséquences de cette violence subsisteront encore pendant des générations", redoute Robert Mardini.