En Irak et en Syrie, le groupe État islamique aurait perdu 80% de ses revenus

Les jihadistes du  groupe État islamique auraient perdu 60% de leurs territoires en Irak et en Syrie et 80% de leurs revenus, selon une étude d'un cabinet spécialisé dans les crises internationales.

Un bâtiment détruit sur lequel on voit le drapeau noir du groupe Etat islamique, à al-Alam en Irak, en mars 2015.
Un bâtiment détruit sur lequel on voit le drapeau noir du groupe Etat islamique, à al-Alam en Irak, en mars 2015. (THAIER AL-SUDANI / X90151)
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Elise DelèveRadio France

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Le groupe État islamique perd de plus en plus de terrain. Selon une étude d'IHS Markitun, un cabinet spécialisé dans les crises internationales, publiée jeudi 29 juin, l'organisation jihadiste aurait perdu 60% de son territoire (40% depuis le début de l'année 2017) et 80% de ses revenus depuis janvier 2015.

Lorsque Abou Bakr al-Baghdadi a proclamé le califat à Mossoul, il y a trois ans, le groupe État islamique contrôlait 90 000 km2 de territoires à travers l'Irak et la Syrie. Actuellement, Raqqa, en Syrie, est totalement encerclée par la coalition. Et en Irak, la mosquée symbolique d'Al-Nouri, à Mossoul, a été reprise jeudi par la coalition. C'est le véritable symbole du recul des jihadistes, qui n'occupent désormais plus que 36 200 km2.

Le groupe État islamique "ne survivra pas une quatrième année"

"Le projet de gouvernance du califat a échoué", note l'étude. Le cabinet d'analyses estime que le groupe État islamique "ne survivra pas une quatrième année". Le reste du califat devrait se "désintégrer" et les zones urbaines toujours sous contrôle tomberont à la fin de l'année prochaine, prédit la firme basée à Londres.

Les finances de l'organisation jihadiste ont drastiquement baissé. De l'ordre de 80%. En 2016, les revenus mensuels étaient de 81 millions de dollars contre 16 millions cette année. Cela s'explique par la perte de villes peuplées, comme Mossoul, où les jihadistes confisquaient et taxaient les habitants, et par la perte du contrôle des zones pétrolières comme Raqqa et Homs. Les révenus mensuels du pétrole ont baissé de 88% par rapport à 2015.