VIOLENCES ANTI-AMERICAINES - Deux jours après la manifestation islamiste qui a eu lieu samedi devant l'ambassade américaine à Paris, les réactions politiques se poursuivent. La droite demande au gouvernement d'expliquer comment une telle manifestation a pu se tenir tout près de l'Elysée. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a promis la "fermeté", alors qu'une enquête a été ordonnée dimanche 16 septembre pour identifier les organisateurs de l'évènement. FTVi revient sur les principales déclarations.

Le Pen "s'inquiète"

"Demain ça n'est pas 250 personnes qui manifesteront, ce seront peut-être 100 000", a lancé la présidente du Front national, lundi 17 septembre sur RTL. "Quand je vois ce type de manifestation, a déclaré Marine Le Pen, je m'inquiète des investissements qu'effectue le Qatar avec la bénédiction de notre gouvernement dans les banlieues françaises, où évidemment le but n'est pas un but humanitaire mais un but politique."

L'UMP demande des éclaircissements

Dès dimanche après-midi, François Fillon s'est étonné que cette action ait pu avoir lieu place de la Concorde, à proximité immédiate de l'Elysée et du ministère de l'Intérieur. Selon son entourage, il a demandé "à François Hollande", lors d'une réunion de militants UMP, "des explications sur le fait que le préfet de police de Paris ait toléré une manifestation de salafistes".

Quelques heures plus tard, son rival pour la présidence de l'UMP, Jean-François Copé, a demandé sur TF1 "que toute la lumière soit faite sur les raisons qui peuvent expliquer qu'une telle manifestation non autorisée puisse se réaliser en plein Paris". Il demande aussi que soient expulsés les étrangers en situation irrégulière éventuellement présents lors de la manifestation.

(FTVi)

Ayrault riposte, "très choqué" 

Dès la déclaration de son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault s'est déclaré "très choqué" par ses propos, rétorquant que la "manifestation était interdite" et que "les policiers [avaient] fait leur travail""Le gouvernement a l'intention de faire preuve de fermeté. Les musulmans de France respectent la République et il n'est pas question d'importer ce conflit du fait d'éléments minoritaires", a affirmé le Premier ministre. "Aucune manifestation n'a été ni déclarée, ni tolérée le samedi 15 septembre à Paris", a précisé l'entourage du locataire de Matignon.

Le gouvernement fait bloc

Les accusations de François Fillon répondent à "des impératifs partisans", a fustigé le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, "au moment où un esprit de rassemblement devrait s'imposer au sein de notre nation". Les ministres de l'Economie et de l'Ecologie, Pierre Moscovici et Delphine Batho, ont eux aussi critiqué l'ancien Premier ministre, dès dimanche. 

"Plutôt que de faire ce genre de commentaires, François Fillon devrait soutenir Manuel Valls", a estimé  Delphine Batho, lors de l'émission "Tous politiques" France Inter/Le Monde/AFP. "Franchement, quand on a vécu - c'était il y a quelques mois en pleine campagne présidentielle - l'affaire Merah, on n'essaye pas d'exploiter un tel incident", a tranché le ministre de l'Economie au "Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI".