Ce que l'on sait de l'attentat à Beyrouth qui a fait plus de 41 morts et 200 blessés

L'attaque a été revendiquée par l'Etat islamique.

Les services de secours évacuent un corps après le double attentat-suicide de Bourj Al-Barajné, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 12 novembre 2015.
Les services de secours évacuent un corps après le double attentat-suicide de Bourj Al-Barajné, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 12 novembre 2015. (ANWAR AMRO / AFP)
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Une attaque effroyable. Au moins 41 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées dans un double attentat-suicide perpétré jeudi 12 novembre à Beyrouth, selon les autorités libanaises. Les kamikazes ont fait exploser leurs bombes devant un centre commercial, au croisement de rues bondées, en fin d'après-midi.

Où l'attaque a-t-elle été perpétrée ?

L'attaque a eu lieu devant un centre commercial de la rue Al-Hussiniyé, dans le quartier de Bourj Al-Barajné, dans le sud de Beyrouth. L'endroit est décrit comme un "fief" du Hezbollah, mais, sur Twitter, l'éditorialiste Sultan Al-Qassemi souligne qu'il s'agit surtout d'une "attaque ignoble contre des civils", dans une zone résidentielle et commerçante de la capitale.

Quel était le mode opératoire ?

Deux hommes à pied ont déclenché leurs ceintures explosives, vers 18 heures, alors que des centaines de personnes se trouvaient à proximité des lieux. Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs indiqué qu'un troisième kamikaze avait été tué par une des deux explosions.

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"Je venais d'arriver dans la rue quand l'explosion a eu lieu. J'ai transporté moi-même trois femmes et un de mes amis morts" dans les attaques, a rapporté un témoin, Zein al-Abdine Khaddam, à une télévision locale. Un autre témoin, qui n'a pas donné son nom, a confié : "Quand la seconde explosion s'est produite, j'ai cru que c'était la fin du monde." De nombreux blessés sont dans un état critique. Un photographe de l'AFP a décrit des corps ensanglantés dans des magasins pulvérisés et des flaques de sang au milieu de voitures détruites par les explosions.

Sur Twitter, sous le mot-dièse #Beirut, de nombreux internautes exprimaient leur deuil et leur colère. Editorialiste à Washington de la chaîne Al Arabiya, Joyce Karam parle d'un jour tragique, dont "Beyrouth se relèvera, comme toujours" :

Comme d'autres, Joyce Karam rappelle aussi qu'un homme, Adel Termos, a joué un rôle héroïque en plaquant au sol le deuxième poseur de bombes, et qu'il y a perdu la vie:

Qui est à l'origine de l'attentat ? 

La double attaque a été revendiquée par le groupe jihadiste Etat Islamique qui a parlé de deux attaques mais d'un seul kamikaze, dans un communiqué. "Des soldats du califat ont réussi à faire exploser une motocyclette piégée garée contre un rassemblement de 'rafida'", terme péjoratif désignant les chiites, et, "après que des apostats sont accourus sur les lieux, un des chevaliers du martyre a fait détoner sa ceinture explosive au milieu du groupe", a affirmé l'EI. La revendication n'a pu être authentifiée, mais le texte est conforme au format habituel des revendications du groupe extrémiste.

Selon la directrice du SITE, un institut qui surveille l'activité des jihadistes sur internet, c'est bien le groupe Etat islamique qui a revendiqué l'attentat.

Quel est le contexte ?

Cette attaque est la plus sanglante dans un bastion du Hezbollah depuis son implication début 2013 dans la guerre en Syrie au côté du régime de Bachar Al-Assad. C'est aussi l'une des plus meurtrières au Liban depuis la fin de la guerre civile qui a ravagé le pays de 1975 à 1990.

Auparavant, neuf attaques avaient endeuillé des bastions du Hezbollah à travers le Liban entre juillet 2013 et février 2014, la plupart revendiquées par des groupes extrémistes sunnites. Le sud de la capitale libanaise avait notamment été frappé, en janvier 2014, par un attentat-suicide qui avait fait quatre morts. 

Ces attentats de groupes extrémistes sunnites depuis 2013 ont été présentés comme des représailles à la décision du Hezbollah d'envoyer des milliers de ses hommes combattre en Syrie au côté du régime de Bachar Al-Assad contre l'Etat islamique.

Il y a moins d'un mois, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait à nouveau défendu son combat en Syrie auprès du régime Assad, évoquant "une bataille essentielle et décisive". "Sans la persévérance au sol face à Daech et ses alliés (...) qu'en serait-il de la région aujourd'hui, en Irak, en Syrie et au Liban?"

Une journée de deuil national a été décrétée vendredi au Liban. Depuis jeudi, les condamnations se sont multipliées. Le président français, François Hollande, a exprimé son "effroi" et son "indignation", dénonçant un "acte abject"