La France et l'Iran signent pour 15 milliards d'euros d'accords commerciaux

Airbus, Bouygues, Vinci, Total et la SNCF vont profiter de la levée des sanctions liées à la crise nucléaire.

François Hollande reçoit le président iranien Hassan Rohani, à l'Elysée, le 28 janvier 2016.
François Hollande reçoit le président iranien Hassan Rohani, à l'Elysée, le 28 janvier 2016. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
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L'Iran et la France ont proclamé "une relation nouvelle", lors de la visite officielle à Paris du président iranien, Hassan Rohani, jeudi 28 janvier. "C'est un nouveau chapitre de nos relations qui s'ouvre aujourd'hui", a assuré François Hollande, lors d'une conférence de presse commune.

La visite en France du président iranien, Hassan Rohani, a notamment permis la signature de plusieurs accords commerciaux pour un montant "potentiel" de 15 milliards d'euros, selon l'Elysée. Des contrats très attendus par les entreprises françaises qui, depuis la levée des sanctions liées au nucléaire, lorgnent le prometteur marché iranien.

En voici les principaux.

L'Iran commande 118 Airbus

L'Iran s'est engagé sur l'acquisition de 118 avions, dont douze A380, auprès du constructeur européen Airbus, un contrat évalué à 25 milliards de dollars qui seront à répartir entre les actionnaires du consortium, parmi lesquels figurent les gouvernements français, allemand et espagnol. Une bouffée d'oxygène bienvenue pour le très gros porteur européen en mal de dynamisme commercial. Cette méga-commande réalisée par Iran Air comprend aussi seize unités de l'A350-1000, version étendue du nouveau long-courrier d'Airbus, mais aussi quarante-cinq A320 et quarante-cinq A330. 

Bouygues, Vinci et ADP vont développer des aéroports en Iran

Les géants de la construction Bouygues et Vinci, ainsi que le gestionnaire des aéroports de Paris, ADP, ont signé des protocoles d'accord pour développer trois aéroports en Iran. Candidats ensemble depuis plusieurs années pour réaliser une extension de l'aéroport de Téhéran, Bouygues Construction et ADP ont signé un protocole d'accord économique concernant "la conception, la construction et la supervision des travaux" de ce projet, a annoncé l'Elysée.

De son côté, le groupe Vinci a signé un protocole d'accord portant sur "la conception, la construction, la supervision des travaux" mais aussi "l'exploitation de nouveaux terminaux" des aéroports de Mashhad et d'Ispahan, a indiqué l'Elysée. L'aéroport de Mashhad, qui a accueilli 8,2 millions de passagers en 2014, "dessert la deuxième plus grande ville iranienne, dont les lieux saints attirent chaque année plus de 20 millions de pèlerins", indique Vinci. Celui d'Ispahan est le cinquième aéroport du pays, avec 2,6 millions de passagers en 2014.

A l'heure actuelle, il ne peut y avoir autre chose que des lettres d'intention ou des protocoles d'accord, car l'embargo n'est pas entièrement levé, selon une source proche du dossier.

PSA renforce son partenariat avec Iran Khodro

PSA Peugeot Citroën compte investir jusqu'à 400 millions d'euros sur cinq ans avec une co-entreprise locale, Iran Khodro, son partenaire historique dans le pays. PSA ambitionne de produire à terme 200 000 modèles par an. La nouvelle co-entreprise va contrôler dès cette année la production actuelle des véhicules dans une usine à l'ouest de Téhéran.

De son côté, Renault, qui n'a jamais quitté l'Iran pendant la crise nucléaire, a promis d'intensifier ses activités en Iran "à un niveau significatif". Le constructeur est toutefois resté avare de détails sur l'évolution de son empreinte industrielle dans la république islamique.

Total va acheter jusqu'à 200 000 barils de pétrole par jour

Total va acheter à l'Iran "entre 150 000 et 200 000 barils par jour" de pétrole brut, a indiqué son PDG, Patrick Pouyanné. Au-delà de cet accord, le géant pétrolier n'exclut pas d'autres projets dans la république islamique. L'iran dispose des quatrièmes réserves d'or noir au monde, et exporte un peu plus d'un million de barils sur les 2,8 millions produits chaque jour.

La SNCF va coopérer avec les chemins de fer iraniens

La SNCF a annoncé la signature d'un protocole de coopération avec les chemins de fer iraniens (RAI) dans quatre domaines, dont l'exploitation des gares et le développement de lignes à grande vitesse.

Santé, traitement des eaux, agriculture…

De nombreuses autres entreprises françaises sont intéressées par l'ouverture du marché iranien. Le groupe pharmaceutique Sanofi a signé un mémorandum de coopération avec le ministère de la Santé iranien sur un volet industriel, la participation à des programmes de prévention de certaines maladies et des aides pour que l'Iran puisse conduire une recherche épidémiologique.

Suez, le géant de la gestion de l'eau et des déchets, a paraphé un accord-cadre avec la Compagnie nationale de l'Eau (NWWC) définissant les principaux domaines de coopération dans l'eau et son traitement.

L'armateur CMA CGM a signé un protocole d'accord avec l'Islamic Republic of Iran Shipping Lines pour échanger ou louer des espaces de navires, exploiter des lignes maritimes communes et coopérer sur l'utilisation de terminaux portuaires.

Enfin, Richel, fabricant entre autres de serres maraîchères et horticoles, a paraphé un protocole d'accord portant sur la réalisation de 50 hectares de serres de haute technologie, selon le communiqué de l'Elysée.