L'armée américaine a-t-elle utilisé l'arme nucléaire en Irak ?

Falloujah : le nom de cette ville irakienne reste lié à l'insurrection contre les troupes américaines en Irak. Ce fut le théâtre d'âpres combats en 2004 et 2005. _ Aujourd’hui, les scientifiques comparent la ville à Hiroshima. La région connaît un nombre très élevé d'enfants malformés. Leur nombre s'est envolé après 2004, au lendemain des durs combats entre les troupes américaines et les insurgés irakiens. La correspondante de France Info dans cette région, Angélique Férat, est allée sur place. Elle a rencontré des familles et des scientifiques.

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Le récit d'Angélique Férat fait ressurgir de terribles images du passé. Et si le drame vécu par les enfants nés après les bombardements de la seconde guerre mondiale au Japon se reproduisait aujourd'hui en Irak ? Si d'autres enfants portaient à nouveau les stigmates de l'arme nucléaire ? C'est ce que disent désormais ouvertement des Irakiens à Falloujah.

Angélique Férat est allée à leur rencontre dans cette ville, théâtre de violents combats menés par les Américains en 2004. Elle raconte ses entretiens avec des familles qui tremblent aujourd'hui à l'idée de faire des enfants. Car un grand nombre de ceux qui ont vu le jour depuis cette date fatidique sont porteurs de lourds handicaps.

Des malformations graves, des cas de trisomie, des cancers : la responsable de la maternité de l'hôpital de Falloujah tient un triste registre. Et remarque que la liste de ceux qui survivent peu de temps après leur naissance s'allonge. Problème : à Falloujah, aucun laboratoire n'existe pour mener des analyses sur le long terme, ni faire des autopsies des corps de ces enfants.

La journaliste évoque une piste pour expliquer ces graves conséquences sur la santé des enfants de la région : l'utilisation d'armes chimiques par les Américains pendant la guerre. En particulier des armes à l'uranium appauvri. _ Chris Busby, un scientifique britannique qui est allé enquêter sur le terrain, défend cette thèse et a même relevé la présence d'uranium enrichi sur le terrain. Il s'apprête à publier son étude dans la sérieuse revue scientifique "The Lancet".

La seule réponse fournie sur ce sujet par le département d'Etat américain : il n'existe aucune preuve scientifique de la dangerosité de l'uranium appauvri sur la santé.

Caroline Caldier