L'ambassade d'Arabie saoudite en Iran attaquée après l'exécution d'un haut dignitaire chiite

Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov contre l'édifice, après l'exécution du cheikh Nimr Baqer al-Nimr, l'un des principaux opposants de la dynastie sunnite des Al-Saoud.

L'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran (Iran) en flammes, le 2 janvier 2016.
L'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran (Iran) en flammes, le 2 janvier 2016. (MOHAMMADREZA NADIMI / ISNA / AFP)
France Télévisions

Mis à jour le
publié le

Téhéran avait prévenu : Ryad paiera un "prix élevé" après l'exécution du dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr, l'un des principaux opposants de la dynastie sunnite des Al-Saoud. La colère est grande en Iran, puissance chiite, où l'ambassade d'Arabie saoudite a été attaquée et incendiée, samedi 2 janvier.

Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov contre l'édifice, installé dans la capitale iranienne, incendiant une partie du bâtiment dans lequel ils ont pénétré avant d'être chassés par la police. "Le feu a détruit l'intérieur de l'ambassade", affirme à l'AFP un témoin sur place. A Machhad, seconde ville d'Iran, des manifestants ont également attaqué et incendié le consulat saoudien.

"La main divine" vengera l'exécution, prévient le guide suprême iranien

Le cheikh Nimr Baqer al-Nimr a été exécuté parmi 47 condamnés, dont des jihadites du groupe Al-Qaïda. Virulent critique du régime, il avait été la figure de proue du mouvement de contestation qui avait éclaté en 2011, dans la foulée des printemps arabes, dans l'est de l'Arabie saoudite où vit l'essentiel de la minorité chiite.

"La main divine" vengera son exécution, prévient dimanche le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Quelques heures avant l'incendie de l'ambassade, le ministère des Affaires étrangères saoudien avait protesté contre "les déclarations agressives" de Téhéran et convoqué son ambassadeur, estimant qu'elles représentent "une flagrante ingérence dans les affaires du royaume".