Israël : 4 000 logements de colons légalisés rétroactivement par le vote d'une loi controversée

Le Parlement israélien a voté lundi une loi qui permettra à l'Etat de s'approprier des centaines d'hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée. Controversée, elle pourrait ne pas résister à l'examen de la Cour suprême.

Les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem sont toutes illégales au regard du droit international mais pas à celui de la loi israélienne.
Les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem sont toutes illégales au regard du droit international mais pas à celui de la loi israélienne. (PHILIPPE ROY / PHILIPPE ROY)
avatar
Etienne MoninRadio France

Mis à jour le
publié le

Le Parlement israélien a voté lundi 6 février une loi controversée qui permettra à l'Etat de s'approprier des centaines d'hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée. Le texte a été approuvé par 60 députés et rejeté par 52. Cette loi, qui a provoqué un tollé chez les Palestiniens et suscite l'inquiétude de la communauté internationale, régularise a posteriori un nombre important de colonies sauvages implantées en Cisjordanie. Elle permet notamment de blanchir 4 000 logements et de saisir l’équivalent de 800 hectares de terres privées en Palestine d’après le calcul de l’ONG La paix maintenant.

Les colons font pression sur le gouvernement

Cette loi est d'abord l'affaire d'un contexte international et de pressions de plus en plus efficaces des colons, en face du Parlement au moment du vote, avec autour d'eux beaucoup d'adolescents, pour faire entendre leur voix. L'un d'eux explique : "J'espère que notre gouvernement, que le Premier ministre et que les membres du Parlement vont aller dans notre sens. Il s'agit de notre terre, on veut être là et y vivre. Bien sûr qu'il y a des Arabes, on peut vivre ici ensemble, mais cette terre nous appartient et on sera là !"

Les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem sont toutes illégales au regard du droit international mais pas à celui de la loi israélienne. Ce texte vient donc blanchir un nombre important d'avant-postes et un certain nombre de maisons restées illégales à l'intérieur de plusieurs colonies. Le Parti travailliste estime de son côté qu'il s'agit d'une annexion, tandis que les colons y voient un premier pas. "Cette loi n'est qu'une première étape, explique-t-il. Nous attendons que le gouvernement arrête de toucher aux habitants de Judée-Samarie. On est plus d'un demi millions de personnes !", soutient ainsi l'un de ses leaders.

La loi pourrait rester déclarative

Pour autant, cette loi pourrait rester déclarative, l'avocat du gouvernement estimant qu'elle heurte les standards israéliens et internationaux. Et ainsi être censurée par la Cour suprême. Les dégâts, eux, seraient déjà là : "Le dommage que cela crée, c'est qu'Israël déclare au sein de son parlement qu'on souhaite poursuivre l'occupation, qu'on regarde la Cisjordanie comme une partie d'Israël. Et cela fait d'Israël un Etat qui autorise le vol de terres et c'est horrible", déplore ainsi la porte-parole de l'ONG "La Paix Maintenant", Hagit Ofran. Depuis l'investiture de Donald Trump, Israël a annoncé deux plans de construction dans les colonies.

Le Parlement israélien légalise rétroactivement 4 000 logements de colons - Etienne Monin

00:00-00:00

audio
vidéo