Conférence sur le Proche-Orient : des "négociations directes entre les parties" sont nécessaires selon le président du Crif

Le ministre de la Défense israélien Avigdor Liberman a comparé lundi la Conférence sur le Proche-Orient, prévue le 15 janvier prochain à Paris, au "procès Dreyfus". Le président du Crif Francis Kalifat est revenu sur ces paroles et le conflit israélo-palestinien, mardi sur franceinfo. 

Un Palestinien armé d\'un lance-pierres face aux forces de sécurité israéliennes, près de Naplouse (Palestine), le 9 décembre 2016.
Un Palestinien armé d'un lance-pierres face aux forces de sécurité israéliennes, près de Naplouse (Palestine), le 9 décembre 2016. (JAAFAR ASHTIYEH / AFP)
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"On ne peut pas envisager un accord de paix qui puisse se faire hors des négociations directes entre les parties", a réagi mardi 27 décembre sur franceinfo Francis Kalifat, le président du Crif, au sujet de la Conférence sur le Proche-Orient qui est prévue à Paris le 15 janvier prochain.

Une conférence que le ministre de la Défense israélien, Avigdor Liberman, a comparée lundi à "un procès Dreyfus". Il a aussi appelé les juifs de France à quitter le pays qui n'est "pas leur terre".

franceinfo : Avigdor Liberman déclare que cette conférence est "une version moderne du procès Dreyfus", est-ce acceptable ?

Francis Kalifat : Non. Néanmoins, cette conférence de la paix, qui doit se tenir à Paris hors de la présence des principaux concernés, peut éveiller chez les Israéliens la crainte que cela se transforme en tribunal anti-israélien. C'est souvent le cas dans toutes les instances internationales où l'on traite de ces problèmes. Je peux donc comprendre cette inquiétude.

En quoi une solution pacifique, en deux États, serait un tribunal contre Israël ?

Je crois que tout le monde est attaché à cette solution. Ce qui est compliqué dans cette affaire, c'est qu'on ne peut pas envisager un accord de paix qui puisse se faire hors des négociations directes entre les parties. Je n'arrive pas à comprendre l'obstination de la communauté internationale, de vouloir se lancer dans un accord de paix, sans la présence ni la négociation directe entre les parties. Je crois que c'est là où le bât blesse.

Le ministre de la Défense israélien Avigdor Liberman évoque une hausse des actes antisémites dans notre pays. Est-ce-que c'est vrai ?

Il se trouve qu'il n'a pas toutes les informations nécessaires. Nous savons, les chiffres ne sont pas complètement arrêtés, qu'il y a une baisse sensible de l'ensemble des actes racistes dans notre pays, y compris des actes antisémites et des actes antimusulmans. Néanmoins, l'antisémitisme reste toujours présent à un niveau très élevé et je crois que c'est à cette partie-là de l'analyse qu'il faisait référence.