La pression internationale s'intensifie pour la libération du blogueur saoudien

De plus en plus de voix se font entendre pour dénoncer la condamnation de Raif Badawi, qui a écopé de dix ans de prison et 1 000 coups de fouet. 

Manifestation pour la libération du blogueur saoudien Raif Badawi devant l'ambassade d'Arabie saoudite à Vienne (Autriche) le 16 janvier 2015. 
Manifestation pour la libération du blogueur saoudien Raif Badawi devant l'ambassade d'Arabie saoudite à Vienne (Autriche) le 16 janvier 2015.  ( MAXPPP)
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Ils se mobilisent pour Raif. La pression internationale s'intensifie autour du sort du blogueur saoudien Raif Badawi, 31 ans, condamné à dix ans de prison et 1 000 coups de fouet. Sur le terrain politique, dans la rue et sur les réseaux sociaux, les appels à sa libération se multiplient, deux semaines après l'attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo et quelques jours après la mort du roi d'Arabie saoudite

Sur le terrain politique, l'Allemagne en première ligne 

Le 11 janvier, Nizar al-Madani, ministre d’Etat saoudien aux Affaires étrangères, participait à la marche républicaine à Paris pour la liberté d'expression. Deux jours plus tôt, le blogueur Raif Badaoui avait pourtant écopé de ses 50 premiers coups de fouet

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, l'Allemagne assure "tout faire" pour régler le sort du blogueur, dans un entretien paru dimanche 25 janvier dans le quotidien Bild (en allemand)"La peine de Raif Badaowi est cruelle, et elle est mauvaise, injuste et totalement disproportionnée", estime le chef de la diplomatie allemande. "Soyez certain que nous allons continuer à faire tout notre possible pour promouvoir une solution", poursuit-il, assurant que "la question des droits de l'homme joue un rôle important" dans les discussions entre Berlin et Ryad, même en dehors de cette affaire.

En France, le sort de Raif Badaoui "préoccupe", mais l'heure est plutôt aux condoléances, indique le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, sur Radio J. Interrogé sur le déplacement, samedi, de François Hollande en Arabie saoudite, le ministre de l'Agriculture  a expliqué qu'il n'avait "pas d'information" sur le fait que le sort de ce blogueur avait été abordée par le président français avec ses interlocuteurs.

 

Dans la rue, des manifestations devant les ambassades d'Arabie saoudite

Plusieurs manifestations se sont tenues la semaine dernière et cette semaine devant les ambassades d'Arabie saoudite, à Paris, Londres (Royaume-Uni), Vienne (Autriche), La Haye (Pays-Bas), Washington (Etats-Unis) ou encore Sherbrooke (Québec), la ville où est réfugiée la famille de Raif Badawi. 

Manifestation devant l'ambassade d'Arabie saoudite à Washington (Etats-Unis) pour la libération du blogueur saoudien Raif Badawi, le 14 janvier 2015.  
Manifestation devant l'ambassade d'Arabie saoudite à Washington (Etats-Unis) pour la libération du blogueur saoudien Raif Badawi, le 14 janvier 2015.   ( MAXPPP)

Au forum économique mondial de Davos (Suisse), l'organisation Amnesty international a également aussi organisé une manifestation. 

 

Manifestation d'Amnesty International à Davos (Suisse) le 24 janvier 2015 pour la libération du blogueur saoudien Raif Badawi. 
Manifestation d'Amnesty International à Davos (Suisse) le 24 janvier 2015 pour la libération du blogueur saoudien Raif Badawi.  (EVREN ATALAY / AFP)

Sur les réseaux sociaux, le hashtag #jesuisRaif prend de l'ampleur

La mobilisation s'organise aussi sur les réseaux sociaux avec le hashtag #jesuisRaif sur Twitter, en référence au mot clé #jesuisCharlie qui a été créé après la tuerie dans les locaux de l'hebdomadaire français. Une pétition d'Amnesty International circule sur le réseau social.   

Vendredi dernier, les autorités saoudiennes ont reporté la flagellation de Raif Badawi. Selon son épouse, les plaies des premiers coups n'ont pas suffisamment cicatrisé. Certains, comme  Reporters sans frontières, craignent qu'il ne survive pas à ce châtiment étalé sur 20 semaines.

Selon sa femme, le cas du blogueur a été "renvoyé par le Tribunal royal à la Cour suprême il y a presque un mois", ce qui pourrait ouvrir la voie à un appel.