Primaires américaines : Jeb Bush jette l'éponge, Hillary Clinton se relance

Jeb Bush, 63 ans, ancien gouverneur de Floride, fils et frère d'anciens présidents, semblait le meilleur espoir des républicains pour conquérir la Maison-Blanche. Mais il n'a pas pu résister à la dynamique Donald Trump. Côté démocrate, Hillary CLinton a remporté le Nevada.

(Jeb Bush était le favori des républicains © REUTERS / Randall Hill)
Radio France

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 Dans le New Hampshire Donald Trump avait eu la victoire modeste mais là dans cette Caroline du Sud conservatrice et religieuse et qui a la réputation de désigner celui qui sera le candidat républicain, il parade en famille, fanfaronne et donne des leçons de campagne électorale : "C’est dur, vicieux, méchant, mais qu’est-ce c’est beau quand on gagne". Et de fait la victoire est double, Donald Trump obtient plus de 30% des voix, il domine dans toutes les catégories d’électeurs républicains, et il se débarrasse de son rival punching ball préféré. Pour Jeb Bush en effet c’est l’échec de trop. 

Le favori du début de la campagne renonce donc, les larmes aux yeux, après avoir dépensé en pure perte plus de 100 millions de dollars. Ce retrait pourrait favoriser l’émergence d’un front anti-Trump uni. Marco Rubio espère être ce candidat ; en Caroline du Sud il avait le soutien de tous les dirigeants républicains et il a rendu un hommage appuyé à la famille Bush. Donald Trump, lui,  n’a pas eu un mot pour le perdant du jour, il se dit juste convaincu de récupérer ses électeurs.

Côté démocrate, victoire d'Hillary Clinton dans le Nevada

Dans ce marathon des primaires,  Hillary Clinton a pour la première fois des raisons de se réjouir : dans le New Hampshire la défaite était cuisante, et dans l’Iowa, la victoire à quelques voix près n’en était pas vraiment une. Alors quand elle monte sur scène, au Ceasar Palace de Las Vegas, elle a le sourire d’une joueuse qui n’avait pas le droit de perdre une nouvelle fois la partie : "Certains ont douté de nous, mais nous avions confiance", lance la candidate.

Son mari est à ses côtés, il applaudit longuement. Pour le camp Clinton l’heure est au soulagement. Mais cette victoire étriquée ne masque pas les faiblesses persistantes, les jeunes continuent de se détourner d’elles, et les électeurs démocrates mettent en cause son honnêteté. L’élan de Bernie Sanders n’est donc pas brisé, il a d’ailleurs prouvé qu’il n’est pas que le candidat de l’Amérique blanche, les Hispaniques hier l’ont largement soutenu. En fait, pour Hillary Clinton, la meilleure nouvelle, c’est le vote noir, 75% en sa faveur dans le Nevada. Or, les prochaines primaires auront lieu dans le Sud, l’électorat africain-américain y est majoritaire chez les démocrates, c’est là qu’elle peut espérer lancer véritablement une campagne qui reste poussive.