Présidentielle au Bénin : l'ombre de la Françafrique plane sur un des favoris

Les Béninois votent ce dimanche pour désigner leur président. Pas moins de 33 candidats sont en lice, dont le banquier d'affaires Lionel Zinsou, un proche de Laurent Fabius.

(Lionel Zinsou est banquier d'affaires et Premier ministre sortant du Bénin © SIPA/Romuald Meigneux)
Radio France

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Sur le nombre record de 33 candidats inscrits pour le premier tour de la présidentielle ce dimanche, il y en a un qui suscite tout particulièrement la controverse. Il s'agit du Premier ministre sortant Lionel Zinsou. Ce banquier d'affaires franco-béninois de 61 ans est bien connu en France. C'était la plume de l'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, quand il était à Matignon entre 1984 et 1986.

Une partie de ses adversaires dénonce un candidat parachuté. "L'opposition lui reproche de ne pas connaitre le pays ", explique Philippe Hugon, spécialiste de l'Afrique et directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). "Lionel Zinsou, comme il le dit, était noir quand il était en France et quand il est au Bénin, on considère qu'il est blanc. Il a fait carrière essentiellement hors du Bénin, même s'il était conseiller de Thomas Boni Yayi [le président actuel], et Premier ministre quand même depuis un an ."

Etranger ou homme providentiel ?

Dans les rues de la capitale économique Cotonou, Lionel Zinsou divise. D'un côté les électeurs qui voient en lui un candidat "qui ne peut pas connaître les problèmes " du pays. De l'autre ses partisans, pour qui sa stature internationale peut tirer l'économie béninoise vers le haut. Philippe Hugon est sur la même ligne : "Lionel Zinsou bénéficie d'une très bomme image internationale qui permettrait au Bénin d'avoir beaucoup d'appuis et d'investissements extérieurs. "

Le reportage de Delphine Bousquet à Cotonou
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Le chef du gouvernement sortant fait partie des cinq favoris du premier tour. Aucun n’est chef d’un parti politique. En plus du banquier, il y a deux hommes d’affaires, un économiste et un financier. Lionel Zinsou est bien placé, mais "c’est un jeu ouvert ", estime Philippe Hugon.