Près de 60% de la population mondiale n'a pas accès à internet

Selon rapport de la Banque mondiale, près de 4,2 milliards d'individus sont privés de connexion.

L'Inde compte le plus de personnes dépourvues de connexion à internet (1,063 milliard), suivie par la Chine (755 millions) et l'Indonésie (213 millions).
L'Inde compte le plus de personnes dépourvues de connexion à internet (1,063 milliard), suivie par la Chine (755 millions) et l'Indonésie (213 millions). (KACPER PEMPEL / REUTERS)

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Nous vivons dans un monde connecté ? Pas tant que cela finalement, puisque plus de 4 milliards de personnes restent privées d'accès à internet dans le monde, selon un rapport de la Banque mondiale, publié mercredi 13 janvier.

L'Inde compte le plus de personnes dépourvues de connexion (1,063 milliard), suivie par la Chine (755 millions) et l'Indonésie (213 millions). Au total, 4,2 milliards d'individus n'ont pas accès au web, soit près de 60% de la population mondiale.

Le fossé est encore plus béant s'agissant de l'internet haut débit dont bénéficient actuellement 1,1 milliard d'individus, ce qui représente moins de 15% de la population mondiale.

Plus facilement accès à un téléphone qu'à des toilettes

Mais la Banque mondiale révèle un autre phénomène : les personnes les plus défavorisées ont, elles aussi, bénéficié de la révolution technologique avec, notamment, un accès beaucoup plus facile au téléphone. Selon le rapport, parmi les 20% de ménages les plus pauvres du globe, près de 7 sur 10 possèdent un mobile. "En fait, ces ménages sont plus susceptibles d'accéder à des téléphones mobiles qu'à des toilettes ou à de l'eau salubre", souligne le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.

Par ailleurs, le nombre d'internautes sur la planète a plus que triplé en dix ans, passant d'un milliard en 2005 à 3,2 milliards fin 2015. Mais les retombées économiques de la révolution numérique ont été bien moins importantes qu'espéré pour les pays à faible revenu.

De nouveaux effets pervers sur le marché du travail

"Les effets de la technologie sur la productivité mondiale, l'amélioration des opportunités pour les pauvres et la classe moyenne (...) n'ont pas été à la hauteur des attentes", indique le rapport, qui pointe notamment certains effets pervers sur le marché du travail. Ainsi, les nouveaux emplois créés par cette révolution requièrent ainsi des "compétences élevées" et limitent les fonctions routinières, "forçant ainsi de nombreux travailleurs à rivaliser pour des emplois faiblement rémunérés".

"Si on veut que [les technologies numériques] profitent à tous et partout, il faut combler le fossé numérique qui persiste, en particulier en matière d'accès à internet", conclut la Banque mondiale, qui appelle les gouvernements à développer les réseaux numériques en libéralisant le secteur des télécommunications et en nouant des partenariats public-privé.