Mort de Samuel Pisar, un homme au "destin exceptionnel"

Déporté à 13 ans, il était le plus jeune survivant des camps d'extermination nazis. Mais il avait aussi conseillé le président Kennedy et lutté pour les droits de l'Homme. Samuel Pisar est mort à New York à l'âge de 86 ans. François Hollande lui a rendu hommage.

(Samuel Pisar est mort à New York à l'âge de 86 ans © MAXPPP)
avatar
franceinfoRadio France

Mis à jour le
publié le

Déporté à 14 ans au camp d'extermination de Majdanek, il avait survécu avait-il raconté ensuite grâce à "l'idée géniale" de sa mère de lui mettre un pantalon. Il avait donc été classé parmi les hommes, les enfants étant exécutés tout de suite. De Majdanek, il avait été transféré à Auschwitz puis à Dachau. Après la guerre, il avait été accueilli en France après la guerre avant de s'installer en Australie.

Devenu conseiller du président Kennedy, il était devenu citoyen américain par un vote du Congrès. Avocat international, écrivain, il n'avait cessé de parler au nom des disparus aux générations suivantes : "Aujourd'hui, survivant des survivants, je ressens une obligation de transmettre les quelques vérités que j'ai apprises lors de mon passage dans les bas-fonds de la condition humaine, puis sur quelques-uns de ses sommets. Personne ne peut vivre ce que j'ai vécu sans ressentir le besoin d'alerter les nouvelles générations sur les dangers qui peuvent détruire leur univers, comme ils ont jadis détruit le mien. "

Qui était Samuel Pisar ? Il vient de mourir à New York, portrait avec notre correspondante sur place Charlotte Alix
--'--
--'--

L'hommage de François Hollande

"Pour que le sang versé devienne, selon ses mots, 'le sang de l’espoir', Samuel Pisar s’était voué à l’impérieuse obligation de transmettre ce qu’il avait vécu et dédié ainsi, son parcours hors du commun, à la mémoire de celles et de ceux passés par l’horreur des camps nazis " a réagi le président de la République dans un communiqué. "Inlassable défenseur des droits de l’homme et de la paix entre les peuples, Samuel Pisar était doté d’un optimiste et d’une force morale inébranlables. Sa vie s’est confondue avec notre histoire, elle s’est éteinte hier, à New York ".

En juillet 1995, quand Jacques Chirac avait pour la première fois reconnu la responsabilité de la France dans les crimes commis sous le régime de Vichy, il avait cité Samuel Pisar en insistant sur le devoir de mémoire, "pour que le sang de l'holocauste devienne, selon le mot de Samuel Pisar, le 'sang de l'espoir '".