Mali : une Suissesse enlevée une deuxième fois par des jihadistes présumés à Tombouctou

Il s'agit du premier enlèvement d'Occidental au Mali depuis celui de deux journalistes de la radio RFI, assassinés par leurs ravisseurs le 2 novembre 2013 à Kidal (nord-est).

La Suissesse Béatrice Stockly, enlevée le 8 janvier à Tombouctou (Mali), sur une photo prise le 24 avril 2012.
La Suissesse Béatrice Stockly, enlevée le 8 janvier à Tombouctou (Mali), sur une photo prise le 24 avril 2012. (ROMARIC OLLO HIEN / AFP)
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Ils sont venus la chercher une seconde fois. Une Suisse a été enlevée dans la nuit de jeudi à vendredi 8 janvier à Tombouctou par des hommes armés. Elle vivait dans cette ville du nord-ouest du Mali, depuis plusieurs années, après y avoir déjà été victime d'un rapt par des jihadistes en 2012.

"Ils ont tapé, elle a ouvert et ils sont partis avec elle", a précisé une source de sécurité malienne. Selon une autre source militaire, les auteurs de ce rapt "sont les terroristes jihadistes", "il n'y a pas de doute". Deux personnes ont été interpellées dans la ville. Mais l'enlèvement n'a toujours pas été revendiqué samedi matin.

Un retour dans la ville en 2013

Le ministère suisse des Affaires étrangères a confirmé "avoir connaissance de l'enlèvement présumé d'une Suissesse au Mali", rappelant déconseiller depuis 2009 de voyager dans ce pays et avoir de nouveau "fortement découragé" ses ressortissants d'y séjourner après le rapt de 2012.

Béatrice Stockly avait déjà été enlevée en avril 2012 à Tombouctou par des jihadistes, puis libérée peu après grâce à une médiation du Burkina Faso. Elle avait été relâchée par le groupe islamiste Ansar Dine, du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, contrôlant alors la cité historique, qu'elle avait refusé de quitter.

"Elle a été imprudente"

Peu après l'intervention lancée par la France en janvier 2013, Béatrice Stockly avait regagné Tombouctou. Selon un porte-parole du groupe jihadiste à Tombouctou à l'époque, "la seule condition que nous avons posée est qu'elle ne revienne plus chez nous". "Elle profite de la pauvreté et de l'ignorance de nos enfants", avait-il accusé.

Elle était revenue s'installer dans le quartier Abaradjou, une zone non sécurisée, "c'est là qu'elle a été enlevé la première fois", a indiqué à l'AFP Mohamed Ag Mossa Yattara, pasteur de l'Eglise évangélique des Assemblées de Dieu de Tombouctou. "Elle a été imprudente", a-t-il déploré : "Plusieurs fois il y a eu des avertissements, on lui a dit 'Attention, tu as déjà été enlevée une fois, tu risques d'être enlevée une deuxième fois'."