Présence française en Libye : Le Drian lance une enquête pour "compromission du secret de la défense nationale"

Cette procédure vise les sources du quotidien "Le Monde", qui a révélé, mercredi, la présence de forces militaires tricolores en Libye.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 12 février 2016 à Munich (Allemagne).
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 12 février 2016 à Munich (Allemagne). (SVEN HOPPE / DPA / AFP)

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Jean-Yves Le Drian a ordonné, mercredi 24 février, une enquête pour "compromission du secret de la défense nationale" après la publication par Le Monde d'informations sur la présence en Libye de forces spéciales françaises pour contrer le groupe Etat islamique

Cette procédure prévue par le Code pénal vise les sources du quotidien, précise Le Point, qui a révélé l'information, confirmée par l'entourage du ministre de la Défense.

Une présence détectée par "des blogueurs spécialisés"

La France procède en ce moment en Libye "à des frappes ponctuelles très ciblées, préparées par des actions discrètes, voire secrètes", écrit Le Monde, qui fait également état de la présence du service Action de la DGSE. "Face à la menace de l'organisation Etat islamique (EI), la ligne fixée par le président François Hollande repose, pour l'heure, sur des actions militaires non officielles", ajoute le quotidien, dont les informations n'ont pas été démenties par l'entourage de Jean-Yves Le Drian.

Le Monde précise que la présence des forces spéciales a été repérée dans l'est de la Libye "depuis mi-février par des blogueurs spécialisés". Les forces spéciales engagent la France "car leurs soldats, même très discrets, agissent sous l'uniforme", ajoute Le Monde.

Pas d'intervention militaire officielle

La France, qui alerte sur la situation en Libye depuis 2014, mène officiellement depuis plusieurs semaines des vols de reconnaissance et a mis en place une base militaire avancée à l'extrême-nord du Niger, près de la frontière libyenne.

Mais le gouvernement a maintes fois répété qu'il ne prendrait pas d'initiatives seul. "Il n'est absolument pas question que nous intervenions militairement en Libye", avait déclaré début février Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères. Au-delà de la décision politique, le chef d'état-major avait prévenu à la fin janvier que l'armée française ne pouvait pas, en l'état, intervenir sur un nouveau théâtre.