Les dérives du tourisme humanitaire

Se prélasser en bord de mer ou randonner à la campagne, les vacances telles qu'on les imagine sont-elles dépassées ? De plus en plus de Français choisissent de consacrer leurs congés aux autres. Le tourisme humanitaire a le vent en poupe, mais est-il réellement bénéfique aux populations locales ? 

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FRANCE 2

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Sur les murs, Lucie Cuny n'a pas accroché de photos de vacances, mais les souvenirs de ses missions humanitaires : une en Thaïlande et l'autre en Indonésie. Deux mois passés à assister un professeur d'anglais dans un collège. Pour cette étudiante, le volontariat est synonyme de richesse. Pendant sa mission, elle est hébergée dans une famille. Ses seuls frais : 150 euros par mois pour sa chambre et ses repas. Cette envie d'aider est aujourd'hui de plus en plus partagée. Récemment, des agences de voyages spécialisées dans le tourisme humanitaire sont apparues.

Des pratiques commerciales nuisibles

On appelle cela le "volontourisme". Des annonces où tout semple possible : s'occuper des orphelins en Afrique du Sud, aider les réfugiés qui arrivent sur les plages italiennes et même assister un médecin en Afrique. Des voyages payants qui peuvent coûter cher. Cela reste-t-il encore de l'humanitaire ? C'est la question que s'est posée Sophie Installe, ancienne "volontouriste" qui devait en principe enseigner l'anglais pendant un mois dans une école maternelle de Chine. Elle a payé 2 000 euros billet compris mais sur place tout semblait improvisé. On peut se demander quelles sommes seront réellement reversées aux associations locales. Pour dénoncer ces pseudo missions humanitaires, une ONG a décidé de les tourner en dérision. Selon certaines associations, ce sont des pratiques commerciales nuisibles aux réelles missions humanitaires.

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Le site d'Agraoua, dans l'Adrar mauritanien, où le Quai d'Orsay estime que "le tourisme est à proscrire". (NICOLAS THIBAUT / PHOTONONSTOP / AFP)